À force de vouloir s’intégrer, on finit par disparaître

À force de vouloir s’intégrer, on finit par disparaître

Tu es déjà entré dans un groupe…et tu as légèrement changé ? Pas forcément complètement, même juste un peu?

Tu parles différemment. Tu ris à des blagues qui ne te font pas vraiment rire.
Tu évites certains sujets. Tu ajustes ton avis pour ne pas créer de malaise.

Rien de grave en apparence. C’est subtil. Progressif. Mais à force… quelque chose s’efface.

On appelle ça “s’intégrer”. Mais parfois, c’est juste se diluer.

Le problème, ce n’est pas le groupe. C’est ce que tu es prêt à abandonner pour en faire partie. Parce que l’être humain déteste une chose : être rejeté.

Beaucoup de jeunes commencent à fumer car c'est cool et tout le monde dans le groupe fume, d'abord des cigarettes, ensuite des joints et pour les plus coriaces, des drogues dures. Moi par exemple, c'est "à cause" du groupe que j'ai commencé à boire de l'alcool, je n'accuse clairement pas mon groupe, mais la partie de moi qui a accepté de boire pour "fit in" dans ce groupe.

Alors très souvent inconsciemment, l'être humain s’adapte.

Il observe.
Il copie.
Il lisse.

Et plus le groupe est dominant, plus la pression est forte.

Au début, tu t’adaptes pour être accepté. Puis tu continues pour ne pas être exclu.

Et un jour, tu ne sais même plus vraiment ce que tu penses… sans les autres. C’est là que le piège se referme. Parce que ce qui te rend intéressant, ce n’est pas ta capacité à te fondre. C’est ta capacité à apporter quelque chose que les autres n’ont pas. Ta différence, ton regard, ton expérience et plus encore, ton énergie.

Mais ça demande du courage. Et ce courage peut te sauver la vie. Il y a des personnes qui sont allées en prison car lors d'une agression commise par le groupe, ils n'étaient pas d'accord, mais n'ont pas eu le courage de s'opposer et on finit par payer le prix de la complicité. Certains n'ont pas eu le courage de dire que la racisme n'est pas une chose avec laquelle on peut rigoler et faire passer sous la coupe de la liberté d'expression. On doit être assez courageux pour risquer de ne plus être invité car on a dit la vérité.

On croit souvent que s’intégrer, avoir beaucoup d'amis ou de connaissances c’est réussir socialement. Alors qu'en réalité les personnes qui marquent vraiment,
celles qu’on respecte, celles qu’on n’oublie pas… ce sont rarement celles qui ont suivi le mouvement. Ce sont celles qui ont tenu leur position. Quand la majorité leur demandait de rentrer dans les rangs.

Alors la prochaine fois que tu sens que tu t’ajustes un peu trop, pose-toi une question simple :

Est-ce que je suis en train de m’adapter … ou de disparaître ?

Georges DEFO