Dépenser autrement : quand le risque remplace le gaspillage

Dépenser autrement : quand le risque remplace le gaspillage

Hier, je te disais que je dépense aujourd’hui beaucoup plus d’argent que lorsque je gagnais moins. C’est un constat que j’ai fait depuis plusieurs années. Mais l’année dernière, contrairement aux précédentes, j’ai décidé de changer quelque chose : non pas forcément dépenser moins, mais dépenser autrement.

Aujourd’hui, dans mes dépenses, j’inclus volontairement des placements risqués. Et c’est important pour moi de le préciser : dans ma tête, je ne les considère pas comme de l’épargne. Je les vois comme de l’argent que j’accepte de perdre. Mais la nuance, c’est que même si je le perds, je n’ai pas ce goût amer du gaspillage. J’ai au moins la satisfaction de ne pas l’avoir dilué dans une énième paire de chaussures que je porterai dix fois, ou dans un plaisir éphémère qui ne laisse aucune trace.

Tu connais sûrement ce proverbe : si tu veux obtenir ce que possèdent les 1% les plus riches, il faut faire ce qu’ils font. L’un des points communs qu’on retrouve souvent, c’est leur capacité à investir tôt, très tôt, dans des projets à fort potentiel. Des sociétés encore fragiles, encore incertaines, mais prometteuses.

Si on s’appuie sur les chiffres, seules 5 startups sur 100 réussissent vraiment. Autrement dit, il faudrait soit être extrêmement chanceux, soit avoir un flair hors norme. Et la vérité, c’est que la plupart du temps, on n’a ni l’un ni l’autre. Mais qu’à cela ne tienne : le jeu en vaut parfois la chandelle. Parce que ne pas tenter, c’est déjà perdre à coup sûr.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai pris un ticket dans la startup camerounaise AgriFrika. Est-ce un pari gagnant ? Je n’en sais rien. Et je préfère être honnête avec moi-même à ce sujet. Seul le temps nous le dira. Mais je sais une chose : l’argent que j’y ai mis aurait très bien pu financer un voyage, quelques soirées, des souvenirs sympas… et puis plus rien.

À l’inverse, s’il se passe quelque chose, même dans plusieurs années, cette même somme pourrait changer complètement la trajectoire de ma vie. Et rien que pour cette possibilité-là, le pari me semble rationnel.

Finalement, cette nouvelle façon de “dépenser” m’a appris une chose : ce n’est pas le risque qui est dangereux, c’est le risque inconscient. Dépenser pour impressionner, pour compenser ou pour oublier coûte souvent bien plus cher que de tenter un pari réfléchi.

Et toi, quand tu dépenses aujourd’hui, est-ce que tu achètes juste du confort immédiat… ou est-ce que tu finances, quelque part, une version future de toi-même ?

Georges DEFO