Et si le prix à payer c’était de tout recommencer ?

Et si le prix à payer c’était de tout recommencer ?

En route pour l’aéroport, sur la voie express, je me suis dit que ce serait une bonne idée de mettre une playlist du chanteur camerounais Henry Dikongué.

Jusqu’à ce que commence “Africa”.

https://open.spotify.com/track/5pLkgy3eJh0VBzF8d2xgKX?si=pHiu3AyUS-aLmlx2liiBKQ&context=spotify%3Aplaylist%3A37i9dQZF1EIZbyZJbSuUK5

Et là, sans prévenir, j’ai eu un pincement au cœur.

Depuis ce matin, je ne me sens pas particulièrement bien. Pas à cause d’un repas que j’aurais du mal à digérer, mais plutôt ce nœud à l’estomac qui se resserre à mesure que l’heure du départ approche.

Je repars avec de nouvelles connaissances. De nouvelles leçons.

Mais surtout avec une certitude : la vie que je veux vivre ici au Kenya se mérite.

Tous ceux qui ont réussi à creuser leur trou ici ont hustle d’une manière ou d’une autre.

Et certains continuent encore aujourd’hui.

J’ai encore cette phrase de Phuong qui résonne dans ma tête :

« Je pense que, comme beaucoup de personnes, tu es intéressé par le frisson de la quête de liberté plus que par la liberté elle-même. La liberté a un prix… et beaucoup de gens pensent être prêts à le payer. Et toi, es-tu prêt ? »

Elle ne m’a pas expliqué ce qu’elle entendait exactement par “le prix”.

Mais mon esprit a immédiatement fait l’exercice.

Pour moi, ce prix pourrait être :

Quitter mon job en France.

Accepter de recommencer de zéro ici.

Vivre au Kenya sans le confort auquel je suis habitué quand je viens pour quelques semaines, un confort que je n’ai même pas toujours en Europe.

Ce serait me lancer dans un projet sans aucune garantie de réussite.

En un mot : lâcher prise.

Qui est Phuong ?

Une expatriée vietnamienne que nous avons rencontrée lors de ces sorties que nous faisons pour développer notre réseau à Nairobi.

D’ailleurs, si tu veux venir ici un jour, travaille tes soft skills.

Le réseau est primordial.

Phuong est propriétaire de deux restaurants.

À l’origine, elle devait travailler dans une entreprise locale à un poste de management. Mais pour des raisons que je n’ai pas osé lui demander, elle n’a jamais obtenu son permis de travail.

Beaucoup auraient abandonné. Elle a fait l’inverse.

Sans aucune expérience préalable dans la restauration, elle a décidé d’importer une franchise qui cartonne au Vietnam.

Et aujourd’hui, ça marche plutôt bien pour elle.

C’est aussi de ce prix-là dont elle parlait.

Alors la question reste entière. Suis-je prêt à payer ce prix ?

Suis-je capable de laisser l’IT… pour faire de l’agriculture, par exemple, si c’est par là que passe mon rêve ?

Parce qu’au fond, la liberté n’est pas seulement une destination. C’est une négociation permanente avec ce que tu es prêt à abandonner pour l’obtenir.

Aujourd’hui je ne sais pas spécialement à qui ça peut être utile de partager ce texte, mais si tu as ta petite idée, n’hésite donc pas à le faire.

Georges DEFO