Être mauvais à quelque chose n’est pas le problème. Mentir sur ses limites, si.

Être mauvais à quelque chose n’est pas le problème. Mentir sur ses limites, si.

Comme chaque jour, j’ai reçu ce texte de Seth Godin dans sa newsletter. Il est arrivé en anglais, mais je l’ai traduit pour toi.

La plupart d’entre nous sont mauvais dans certaines choses.

Manque de compétence, de concentration, de pratique, d’attention ou simplement de tempérament : autant de raisons qui font que nous n’exécutons pas certaines tâches aussi bien que nous le pourrions. Cela peut aller de la ponctualité à la gestion des conflits, en passant par les négociations à forts enjeux. Cela peut aussi concerner le remplissage de formulaires, la prise de notes ou la capacité à proposer des idées innovantes. Parfois, c’est simplement notre rapport à l’incertitude.

Une fois que l’on identifie les domaines dans lesquels on est mauvais, plusieurs choix s’offrent à nous :

• faire les efforts nécessaires pour devenir moins mauvais ;

• éviter ces tâches, les automatiser ou les déléguer ;

• annoncer clairement ses limites afin de poser le cadre et ne pas décevoir.

En revanche, il y a une option qu’il vaut mieux éviter : accepter des tâches, faire des promesses… puis fournir discrètement un travail médiocre.

Ce texte m’a parlé, parce que je me suis reconnu dans l’une des situations qu’il décrit. Et je suis, je l’avoue, un peu mitigé. Néanmoins, je lui donne entièrement raison sur un point fondamental : nous sommes tous mauvais à quelque chose. Ce n’est ni un drame, ni une faute morale. C’est un fait.

Le problème commence quand on refuse de le reconnaître. Par orgueil, par peur d’être jugé, ou parce qu’on confond compétence et valeur personnelle. Identifier ses zones de médiocrité est pourtant un acte de lucidité. Un acte qui peut faire mal, parfois très mal. Mais une fois ce constat posé, les options deviennent claires : progresser, éviter, déléguer, ou au minimum être honnête sur ses limites. Tout, sauf faire semblant.

Ce que Seth Godin pointe surtout, c’est notre tendance à prendre des engagements que l’on ne pourra pas tenir, simplement pour « faire plaisir ». En oubliant que ce faux confort se transforme presque toujours en déception, voire en sentiment de trahison chez l’autre.

La maturité — ou la coolitude — ce n’est pas de prétendre tout savoir faire. C’est de savoir où l’on est faible… et d’agir en conséquence.

Car à force de vouloir tout faire, on finit surtout par accumuler des collaborateurs et des amis déçus. Et au fond, qu’est-ce qu’on vaut vraiment, si l’on n’est pas fiable ?

Georges DEFO

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