Former des faiseurs, pas seulement des diplômés
On nous a trop souvent répété que la clé de la réussite, c’était d’avoir des diplômes. Et pourtant, les diplômes seuls ne garantissent pas la compétence. La vraie maîtrise ne vient pas de la récitation ou des notes, elle vient quand on tombe amoureux d’un sujet, qu’on s’y plonge et qu’on construit quelque chose de concret.
Regardons la Chine. En quelques décennies, ce pays est devenu l’usine du monde, pas parce que chaque étudiant avait cinq diplômes accrochés au mur, mais parce que la culture du projet, de l’essai, de l’erreur et de la production était valorisée. Ils ont appris en faisant, en construisant, en copiant parfois, mais toujours en créant de la valeur tangible.
À l’inverse, dans beaucoup de pays africains, nous avons une génération bourrée de diplômés… mais qui, souvent, ne savent pas faire. On maîtrise la théorie, mais on manque de pratique. On récite des formules, mais on peine à lancer des projets, même modestes.
Mais attention : ce constat ne concerne pas seulement ceux restés au pays. Il s’adresse aussi à nous, qui vivons ici, en Occident. Nos enfants grandiront dans des sociétés où la compétition est rude, face à d’autres enfants dont les parents investissent déjà pour les encourager à expérimenter, coder, créer, inventer. Si nous nous contentons d’attendre que l’école fasse tout, un gouffre s’installera très tôt dans leur apprentissage.
C’est à nous, parents, d’apprendre à valoriser les projets, même petits. Un enfant qui construit un site web, monte une mini-entreprise, apprend un instrument ou réalise un film avec son téléphone, développe des compétences et une confiance qu’aucune note ne remplacera.
Le monde n’attend pas seulement des diplômés. Il attend des faiseurs, des innovateurs, des esprits curieux. Et si nous voulons donner toutes leurs chances à nos jeunes pousses, nous devons leur offrir les moyens de faire, pas seulement de savoir.
Georges DEFO