Il n’existe pas de cause universelle
En suivant l’actualité la semaine dernière, je suis tombé sur une histoire profondément triste : un énième féminicide. Une jeune femme a été abattue de sept balles. Dans un dernier réflexe, elle s’est interposée entre son agresseur et son bébé de dix mois, installé sur le siège passager. Le bébé, miraculeusement, n’a rien eu.
On pourrait croire que face à ce genre de drame, l’émotion serait unanime. Que le silence, le respect ou au moins la décence s’imposeraient naturellement. Qu’il existerait des situations si graves qu’elles appelleraient une réaction commune, presque instinctive.
Mais non. Juste en dessous de l’article, un commentaire rappelait que le code de la route interdit de placer un bébé à l’avant. Et à ce moment-là, je me suis demandé ce qui passait par la tête de l’auteur de ce commentaire. Voulait-il faire l’intéressant ou était-ce un troll? Toujours est-il que même face à l’horreur, même face au sacrifice ultime, certains regarderont ailleurs, déplaceront le sujet, ou refuseront de s’aligner.
Ce n’est pas un constat amer, juste un rappel utile. Quand une cause nous touche profondément, il ne faut pas attendre l’approbation générale pour la défendre. Ni espérer que l’indignation soit collective, ni compter sur une validation extérieure pour s’exprimer. Parce que le monde ne se lève pas toujours quand on pense qu’il devrait.
Ce genre de situations nous rappelle aussi que si une cause te tient à cœur, défends-la. Pas parce que tout le monde est d’accord. Mais précisément parce que ce n’est pas le cas. D’ailleurs ne dit-on pas que même le bon Dieu ne fait pas l’unanimité?
Georges DEFO