Je gagne plus… mais j’épargne moins : le piège silencieux du confort

Je gagne plus… mais j’épargne moins : le piège silencieux du confort

Pendant longtemps, j’ai cru que gagner plus d’argent réglait automatiquement les problèmes d’argent. Logique simple : plus de revenus = plus d’épargne. Sauf que dans la vraie vie, ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe.

Aujourd’hui, je gagne nettement plus que certains de mes collègues. Et pourtant, quand on parle épargne, investissements ou tranquillité financière, ce sont souvent eux qui sont en avance. Au début, je mettais ça sur le compte de la chance, des priorités différentes, ou même du fait qu’ils avaient “moins de charges”. Jusqu’au jour où j’ai dû me rendre à l’évidence : le problème n’était pas ce que je gagnais, mais ce que je dépensais… et surtout comment.

Quand l’argent arrive plus vite, il sort plus vite. On commence à se dire “je peux me le permettre”. Un t-shirt à 25 €, une paire de baskets en promo, une nouvelle veste parce qu’elle est “propre”, un colis Zalando par-ci, un autre par-là. Pris individuellement, rien de choquant. Mais mis bout à bout, ces petites dépenses régulières forment une fuite permanente. C’est exactement là que la fast fashion fait des dégâts : elle ne vide pas ton compte d’un coup, elle l’use lentement.

Pendant ce temps, mes collègues au mode de vie plus sobre achètent moins. Beaucoup moins. Mais mieux. Une pièce de qualité, qu’ils gardent plusieurs années. Pas de renouvellement compulsif, pas de dopamine liée à la livraison, pas de placard qui déborde. Et surtout, pas cette impression étrange de bien gagner sa vie tout en n’ayant jamais l’impression d’être vraiment “posé”.

J’ai compris quelque chose d’important : la sobriété n’est pas une punition. Ce n’est pas se priver. C’est ralentir volontairement. C’est décider que chaque euro dépensé doit vraiment servir quelque chose. Du confort, de la durée, de la paix d’esprit. Pas juste un instant d’excitation.

La vérité, c’est que la richesse ne commence pas quand tu gagnes plus. Elle commence quand tu dépenses moins vite que ce que tu gagnes. Et parfois, ceux qui ont l’air de vivre plus simplement sont en réalité ceux qui dorment le mieux.

Aujourd’hui, je me pose une question simple avant chaque achat : est-ce que j’en ai vraiment besoin, ou est-ce que je me rassure parce que je peux me le permettre ? Parce qu’au fond, ce n’est pas le niveau de salaire qui rend riche.

C’est la maîtrise.

Georges DEFO