La plupart des gens ne courent pas après leurs rêves.
La plupart des gens ne courent pas après leurs rêves. Ils courent après une revanche. Il y a une différence.
Tu te souviens de cette personne qui t'a regardé de haut ? Ce patron qui ne croyait pas en toi. Cette famille qui ricanait en silence de toi, de tes parents... Ces amis qui sont partis quand tu n'avais rien. Ce jour-là, tu as décidé. "Je vais leur montrer."
Et cette phrase, elle t'a sauvé la vie, elle m'a sauvé la vie. Elle m'a permis de faire des choses ennuyeuses, des choses non intéressantes, pour atteindre mes objectifs.
Elle m'a levé quand je voulais rester au lit. Elle m'a gardé debout quand tout s'effondrait. Elle a remplacé la discipline que toi et moi n'avions pas.
La rage, ce carburant. Sauf que personne ne te dit ce qui se passe après. Le jour où tu arrives. Le jour où tu atteins ce que tu t'étais juré d'atteindre. Tu regardes autour de toi.
Et ceux que tu voulais impressionner ?
Ils ont fait leur vie, leur chemin. Ils ont leurs propres problèmes. Ils ont trouvé leur bonheur quelque part, un bonheur qui n'a rien à voir avec toi. Ils n'ont même pas suivi ta progression. Ils n'attendaient pas ton arrivée. La salle était vide. Et toi tu avais préparé un discours. Tu seras même surpris que parfois, ils seront sincèrement contents pour toi alors que tu avais envie de les voir rager et même çà ils ne te le donnent pas.
Mais ce n'est pas la pire issue. La pire, c'est l'autre chemin. Celui où la rage ne disparaît pas. Elle se transforme. Tu deviens exigeant à l'excès. Tu écrases sans t'en rendre compte. Tu regardes les autres de haut, exactement comme on t'a regardé.
Un matin tu te réveilles et tu réalises. Tu es devenu la personne que tu détestais. Même énergie. Autre costume.
Quelle ironie!
Le problème n'était pas le manque de motivation. Le problème, c'est que tu avais construit ta vie entière sur le regard de quelqu'un qui ne regardait même pas. Et tu as construit tout ton trajet avec les mauvaises motivations.
La vraie question n'est donc pas "Comment réussir ?" mais se rassurer de "Pour qui" tu veux réussir. Parce que si la réponse, c'est quelqu'un d'autre, tu courras longtemps. Et tu finiras seul à l'arrivée.
Georges DEFO