La vraie force, c’est de savoir rester calme

La vraie force, c’est de savoir rester calme

« Garde cette pensée à l’esprit lorsque tu sens une poussée de colère monter : ce n’est pas viril de se mettre en rage. La douceur et la civilité sont plus humaines, et donc plus dignes d’un homme. L’homme véritable ne cède ni à la colère ni au mécontentement ; il possède la force, le courage et l’endurance — à l’inverse de celui qui se plaint et s’emporte. Plus un homme s’approche d’un esprit calme, plus il s’approche de la véritable force. »

Marc Aurèle — Pensées pour moi-même, 11.18

Si, comme moi, tu as regardé certaines productions américaines — notamment des scènes où de jeunes recrues arrivent à l’armée — tu as sans doute remarqué que les instructeurs leur parlent souvent très mal. Comme s’ils cherchaient volontairement à leur faire perdre leur sang-froid. Et c’est effectivement l’un des objectifs, en plus de l’instauration d’un respect strict de la hiérarchie.

Car il est évident qu’un homme qui explose à la moindre provocation n’est pas digne d’être responsable de la vie de ses frères d’armes.

Dans beaucoup de postes à haute responsabilité, on évalue d’ailleurs la fiabilité d’un cadre à sa réaction en situation de crise et à sa capacité à gérer les conflits. Il n’est jamais bon d’avoir un pyromane dans une poudrière. Ce dont on a besoin, c’est de quelqu’un capable de garder la tête froide. Parce que c’est la seule manière d’analyser une situation sous tous ses angles et de prendre les meilleures décisions.

Ce sujet me parle particulièrement aujourd’hui, parce que je discutais récemment avec un ami proche des relations de couple qui se terminent tragiquement. Trop souvent, l’homme finit par faire usage de violence physique, alors que la femme, de son côté, utilisait une violence verbale constante.

J’ai toujours pensé qu’il y avait au moins deux manières de réagir.

La première, c’est celle de la force dont parlait Marc Aurèle : ne pas se laisser emporter par la colère. Prendre de la distance. Quitter la pièce. Aller marcher. Laisser retomber la pression. Préserver sa dignité, et celle de l’autre. Par exemple, un homme qui préfère se jeter du premier étage pour fuir sa copine qui avait fermé la porte à clé et n’arrêtait pas de l’insulter  et essayer d’appuyer où ça fait mal.

La seconde, malheureusement trop répandue à mon goût, c’est celle du manque de classe : la violence physique. Celle qui détruit tout. Celle qui ne résout rien, mais qui laisse des cicatrices irréversibles pour la victime, pour l’auteur, et parfois pour toute une famille.

Maîtriser sa colère n’est pas une faiblesse. C’est une responsabilité. Et peut-être même l’une des formes les plus exigeantes de la force. 

Georges DEFO

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