L’anxiété commence souvent là où le contrôle s’arrête
« Quand je vois une personne anxieuse, je me demande : que désire-t-elle donc ? Car si elle ne désirait rien qui dépende de choses hors de son contrôle, pourquoi serait-elle saisie par l’anxiété ? »
— Épictète, Entretiens (2.13.1)
Cette citation m’a longtemps dérangé, parce qu’elle met le doigt là où ça fait mal. On a tendance à traiter l’anxiété comme une fatalité, presque comme une injustice. Or Épictète nous force à regarder ailleurs : non pas ce qui nous arrive, mais ce que nous voulons.
Très souvent, l’anxiété naît d’un attachement excessif à des choses qui ne dépendent pas de nous. Le regard des autres. Une décision qui ne nous appartient pas. Une réponse que l’on attend. Une issue que l’on voudrait contrôler. On veut que le monde se conforme à nos attentes, et quand il ne le fait pas, l’esprit s’agite.
Cela ne veut pas dire qu’il faut cesser de vouloir, ni vivre détaché de tout. Mais peut-être apprendre à distinguer ce qui relève de notre responsabilité de ce qui ne l’est pas. L’effort, oui. L’intention, oui. Le résultat, parfois non.
Avec le recul, je me rends compte que mes périodes d’anxiété les plus fortes correspondaient presque toujours à des moments où je voulais trop quelque chose… sans avoir la main dessus. La paix intérieure ne vient pas de l’absence de désir, mais d’un désir mieux placé.
Et parfois, la vraie liberté commence quand on accepte de lâcher ce qui ne dépendra jamais de nous.
Georges DEFO