Le jour où j’ai compris que je ne cherchais pas la vérité… mais à avoir raison
Mon pote Yann, alors qu’on était tranquilles autour d’un verre, me dit :
« Je te donne une suite de chiffres : 2 – 4 – 6. Il existe une règle logique qui relie ces nombres. Ta mission : découvrir cette règle. »
Je me prête au jeu et je propose : 8 – 10 – 12.
Il me répond : “Oui, ça fonctionne.”
Je propose encore : 3 – 6 – 9.
Il me répond : “Oui, ça fonctionne.”
J’étais convaincu d’avoir compris. Et je lui dis fièrement : “La règle, ce sont des nombres pairs. Ou peut-être des nombres croissants.” Et je continue à proposer des suites qui confirment mon hypothèse.
J’avais tout faux.
Et j’ai essayé de comprendre. C’est exactement ce que la majorité des participants ont fait dans l’expérience du psychologue britannique Peter Wason en 1960.
La vraie règle n’était pas “nombres pairs”. Mais tout simplement : nombres croissants.
Mais au lieu de chercher à invalider leur hypothèse, les participants cherchaient à la confirmer. Un peu comme moi. À aucun moment je n’ai pensé que peut-être j’étais sur le mauvais chemin.
C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation.
Nous faisons tous ça.
Nous ne cherchons pas la vérité, mais plutôt à avoir raison.
Et ceci en amour, en politique, en business, en famille.
Si tu penses qu’un collègue est incompétent, tu vas remarquer toutes ses erreurs… et ignorer ses réussites.
Si tu penses qu’un projet est mauvais, tu vas chercher les signaux négatifs.
Si tu penses que tu n’es “pas fait pour réussir”, tu vas accumuler les preuves qui confirment cette histoire.
On préfère confirmer nos croyances que les challenger. Sûrement parce qu’avoir tort est inconfortable.
Dans l’expérience de Wason, ceux qui trouvaient la règle faisaient une chose différente :
Ils testaient des suites qui pouvaient détruire leur hypothèse.
Ils proposaient par exemple : 2 – 3 – 4 ou 10 – 9 – 8.
En cherchant à se prouver faux, ils trouvaient la vérité.
Dans la vie, progresser demande la même chose.
Chercher les arguments contre ta position.
Écouter ceux qui ne pensent pas comme toi.
Tester l’inverse de ce que tu crois évident.
Parce que parfois, ton plus grand obstacle n’est pas ton ignorance, mais ta certitude.
D’ailleurs, la raison pour laquelle la science évolue autant, c’est la remise en question perpétuelle des acquis et des hypothèses.
Si ce texte t’a fait réfléchir, partage-le.
Peut-être qu’il aidera quelqu’un à remettre en question une certitude qui le bloque depuis trop longtemps.
Georges DEFO