Le secret bien caché du Kung-fu
On a souvent tendance à croire que l’art naît d’un éclair de génie. D’une idée parfaite. D’un moment magique où tout s’aligne. En réalité, l’art atteint très souvent son paroxysme non pas par l’inspiration… mais par la répétition.
Il existe une expérience célèbre menée par un professeur d’art qui illustre parfaitement cette idée. Il divise sa classe en deux groupes. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans un texte de Ronel. Je n’ai pas réussi à remettre la main sur le lien, mais n’hésite pas à aller faire un tour sur son blog, tu tomberas sûrement dessus. Revenons à nos moutons.
Au premier groupe, il dit :
« Vous serez notés sur la quantité. Votre objectif est de produire le plus de poteries possible. »
Au second groupe :
« Vous serez notés sur la qualité. Vous devez produire une seule poterie, mais elle doit être parfaite. » Le semestre passe. À la fin, contre toute attente, les meilleures poteries ne viennent pas du groupe “qualité”, mais du groupe “quantité”.
Pourquoi ?
Parce que ceux qui devaient produire beaucoup ont passé leur temps à essayer, rater, corriger, recommencer. Leurs mains ont appris. Leur œil s’est affiné. Leur geste est devenu sûr. Pendant ce temps, le groupe “qualité” passait des heures à théoriser la poterie parfaite, à discuter, à douter… sans jamais vraiment mettre les mains dans l’argile.
Cette expérience dit quelque chose de fondamental : la maîtrise vient de l’accumulation d’imperfections. Ce n’est pas en cherchant à faire parfait qu’on progresse, c’est en acceptant de faire mal, souvent, jusqu’à faire mieux.
Mon ami, n’attends plus. Fais ce que tu as à faire. Essaie, rate, apprends et recommence.
Dirane TAFEN, par exemple, qui est aujourd’hui l’un des meilleurs formateurs dans le Cloud et le DevOps, voulait à la base faire fortune avec des caisses enregistreuses. C’est après l’échec de ce projet qu’il s’est tourné vers la formation, et la culture du travail qu’il avait accumulée lors de sa première expérience lui a permis de se démarquer des autres formateurs de son domaine.
L’idée de ce texte m’est venue en écoutant une interview de Jet Li. Le célèbre acteur connu pour ses films d’action. On lui demandait ce qu’était le Kung-fu. Il expliquait alors que le Kung-fu n’est pas un art martial. Ce qu’on appelle Kung-fu s’appelle en réalité Wushu en Chine. Et la véritable signification de Kung-fu, c’est l’art de faire quelque chose de manière répétée pendant longtemps, au point de devenir un maître dans ce domaine.
Ça peut être la cuisine, la couture, l’écriture, et tant d’autres choses.
Donc en réalité, toi aussi tu peux devenir un maître Kung-fu.
Ouvre ton esprit… et lance-toi, petit scarabée.
Georges DEFO