L’entrepreneur n’a pas besoin d’une hustler, mais d’une alliée

L’entrepreneur n’a pas besoin d’une hustler, mais d’une alliée

En tant qu’homme d’affaires ou entrepreneur, on entend souvent qu’il te faut absolument une compagne qui ait, elle aussi, la grinta, cette rage de vaincre, cette obsession du résultat. Pendant longtemps, j’ai été convaincu de cela. Et pour être honnête, je le pense encore en partie. Mais avec le temps, j’ai aussi compris qu’aucune vérité ne mérite d’être prise comme parole d’évangile.

Ce matin, j’ai déjeuné avec deux anciens collègues avec qui j’ai travaillé il y a maintenant quelques années. Les revoir m’a fait énormément plaisir. Ce sont des aînés, la cinquantaine bien entamée, avec des trajectoires de vie plutôt posées, structurées.

À l’époque déjà, l’une d’elles me donnait beaucoup de conseils. Mon envie de « hustle » ne date pas d’hier. J’ai toujours voulu être cet homme d’affaires qui ne passe pas sa vie assis derrière un bureau, mais qui va sur le terrain, négocie, construit, prend des risques. Et le mari de cette collègue incarne assez bien cette trajectoire. Ingénieur logiciel formé dans le même bassin que moi, il a peu à peu développé un goût prononcé pour les affaires, enchaînant les projets, les tentatives, les paris. Et même si leur mode de vie reste sobre, on sent clairement qu’ils ne s’en sont pas mal sortis.

Au restaurant, ma collègue cherchait une salade sur la carte. La propriétaire nous a expliqué que, faute de personnel, le menu avait été réduit, en lien avec une conjoncture économique plus tendue. Elle a immédiatement compris. Elle m’a expliqué que c’était un peu ce qui se passait aussi dans les affaires de son mari. Et que, heureusement, son propre travail lui permettait aujourd’hui de soutenir financièrement certaines de ses activités.

C’est à ce moment-là que j’ai réalisé quelque chose d’important. Ma collègue n’est pas entrepreneuse. Ce n’est pas son monde. Elle est mère, responsable de projets, investie dans son travail, mais surtout profondément engagée auprès de son époux. Elle est sa partenaire. Celle qui soutient, qui amortit les chocs, qui croit au projet quand les chiffres vacillent.

Et c’est là, selon moi, la vraie leçon.

Un homme d’affaires n’a pas forcément besoin d’une entrepreneuse à ses côtés. Il a besoin d’une partenaire de confiance. Quelqu’un capable de croire au projet, parfois d’y investir ses dernières économies, non pas par ambition personnelle, mais par conviction. Quelqu’un qui ne quittera pas le navire à la première tempête, ni ne verra en toi un poids mort quand le vent tourne.

Parce qu’au fond, dans l’entrepreneuriat comme dans la vie, ce qui fait tenir sur la durée, ce n’est pas la grinta des deux côtés. C’est la loyauté, la confiance… et la capacité à se soutenir quand tout vacille.

Georges DEFO

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