Les gestes dont nous avons oublié la signification
Quand j’étais petit, lorsqu’un visiteur quittait la maison, il était presque impensable de rester tranquillement assis dans le salon. On se levait. On l’accompagnait jusqu’au portail. Parfois, on attendait même qu’il trouve son taxi avant de rentrer.
Je ne me souviens pourtant pas qu’on m’ait réellement expliqué pourquoi.
On le faisait parce que nos parents le faisaient. Et sans nous en rendre compte, nous avons appris que derrière ce petit geste se cachaient le respect, l’hospitalité et la considération.
Il en va de même lorsqu’on rend visite à un proche, qu’on appelle un ancien ou qu’on accueille convenablement quelqu’un chez soi. Ce qui devient intéressant, c’est lorsque ces habitudes rencontrent une autre éducation.
Imaginez des parents voyant la partenaire de leur fils rester dans le salon pendant qu’un invité s’en va. Ou celle-ci qui donne des directives à son conjoint ou pire lui montre son désaccord de façon véhémente.
Pour elle, il ne s’est peut-être absolument rien passé.
Pour eux, il vient de se passer énormément de choses.
« Elle ne raccompagne même pas les gens ? »
« Elle menace mon fils??»
Et parfois, ce petit geste devient une pièce supplémentaire dans le dossier permettant de conclure :
« Cette fille n’est peut-être pas faite pour notre fils. » 😂
Sociologiquement, c’est fascinant.
Parce que les parents ne jugent pas uniquement les quelques mètres qu’elle n’a pas parcourus ou le « toupet » qu’elle aurait eu.
Ils jugent ce qu’ils pensent que ces mètres représentent : son éducation, ses valeurs, son respect des autres et parfois même sa capacité à intégrer leur famille.
Pourtant, elle peut parfaitement partager ces valeurs et simplement les exprimer autrement. C’est peut-être là le problème avec certaines traditions.
Nous avons transmis les gestes de génération en génération sans toujours transmettre leur signification.
Alors lorsque le geste disparaît, nous avons parfois l’impression que les valeurs disparaissent avec lui.
Si je dois faire du sport tous les jours sans qu’on ne me dise que c’est bon pour ma santé, il est fort à parier qu’après quelques séances, je finisse par ne plus me donner cette peine.
Chers parents enseignons le geste, mais surtout le pourquoi.
Georges DEFO, le 04-10-2026 à Lyon