Les messages qu’on aurait dû laisser reposer
Il y a beaucoup de comportements que nous adoptons en fonction de la considération que nous avons pour la personne en face.
La plupart d’entre nous savent qu’à partir d’une certaine heure, on ne va plus frapper à la porte des gens.
En grandissant, cette règle s’est étendue au téléphone.
On évite d’appeler quelqu’un trop tard. Et lorsqu’une urgence nous oblige à déroger à cette règle, on commence souvent par s’excuser :
« Désolé de t’appeler à cette heure-ci. »
Hier, j’avais besoin d’une information.
Il se faisait tard. Mais comme j’avais passé une grande partie de ma journée à dormir, j’avais perdu la notion du temps.
J’ai donc appelé, presque mécaniquement, mes aînés Yannick et Yves, à qui je dois d’ailleurs présenter mes excuses.
Ne pas le faire reviendrait à considérer que mon acte était normal. Or, avec un peu de recul, j’aurais pu faire différemment.
Si j’avais eu la certitude qu’ils dormaient, je n’aurais même pas essayé de les contacter.
Alors je me suis posé une question :
Pourquoi avons-nous autant de respect pour le sommeil des gens, mais si peu pour leur attention ?
Aujourd’hui, on peut envoyer un message à n’importe quelle heure.
Et surtout, on attend parfois une réponse immédiate.
Comme si le fait d’avoir vu un message créait automatiquement l’obligation d’y répondre.
Pire, on appelle pour être sûr d’obtenir l’attention de l’autre immédiatement.
Pourtant, tout n’est pas urgent.
Une demande reçue à 22 h ne devient pas forcément une urgence à 22 h 01.
Parfois, la personne est avec ses enfants.
Parfois, elle travaille.
Parfois, elle dort.
Parfois, elle essaie juste de respirer un peu loin de son téléphone.
Et parfois, elle est énervée.
C’est peut-être le plus important.
Combien de disputes auraient pu être évitées si quelqu’un avait laissé un message reposer une heure avant de répondre ?
Un « ok » trop sec.
Un « fais comme tu veux ».
Un « je prends note ».
Il ne faut pas toujours une insulte pour créer un conflit.
Parfois, il suffit d’une réponse envoyée trop vite, alors que la colère parlait encore à notre place.
Répondre plus tard ne veut pas toujours dire ignorer quelqu’un.
Parfois, c’est simplement choisir de répondre avec intelligence plutôt qu’avec émotion.
Ce que je veux surtout dire, c’est qu’à cause de comportements comme celui que j’ai eu hier, beaucoup de personnes peuvent finir par croire qu’elles sont obligées de répondre. Obligées d’être toujours disponibles.
Alors qu’elles ont le droit à la déconnexion, sans que cela soit perçu comme un acte de guerre.
Le problème n’est pas que nous soyons joignables.
C’est que nous avons laissé les autres croire qu’ils pouvaient disposer de notre attention à tout moment.
Et il est important, pour nous tous, que cela change.
Et toi, quel est ton avis sur le sujet ?
Georges DEFO, le 06-07-2026 à Lyon