On est tous croyants quand ça secoue.
Ce matin, dans un petit avion de fortune, quelques instants avant l’atterrissage, les secousses étaient si intenses qu’elles m’ont réveillé. L’appareil vibrait comme si chaque pièce discutait son maintien. Une fois atterris, mon frangin a dit tout haut ce que nous pensions tous :
“Seigneur prends pitié et je te promets que je ne manquerai plus un seul jour de messe si tu me fais arriver à bon port." Même les non-croyants ont prié. C'était très grave 😂
Et il avait raison.
À chaque turbulence, je ressens la même chose. Cette boule au ventre.
Ce léger silence intérieur. Cette négociation invisible avec le ciel.
Pourtant, au sol, nous sommes des experts du contrôle.
On planifie nos carrières. On optimise nos investissements.
On structure nos projets. On parle stratégie, vision, croissance. Comme on dit au Cameroun: "Noon c'est rien, je maîtrise".
On pense piloter. Mais dans un avion, à 10 000 mètres d’altitude, tu réalises une chose simple : tu ne contrôles rien. Ni l’air. Ni les moteurs. Ni la météo. Ni la compétence du pilote. Et c’est peut-être ça qui dérange le plus.
L’illusion du contrôle nous rassure car elle nous donne le sentiment d’être aux commandes de nos vies. Alors qu'au fond on ne maîtrise pas tout. On gère des probabilités.
La vie, c’est pareil.
Un business peut vaciller. Un mariage peut échouer. Un plan parfait peut s’effondrer.
Et c’est souvent quand ça secoue que nos vraies convictions apparaissent. La foi. La peur. L’humilité.
Peut-être que le problème n’est pas l’absence de contrôle.
Peut-être que le problème, c’est notre besoin excessif de croire qu’on contrôle.
Ca revient finalement à ce qu'on se disait dernièrement, il faut apprendre à lâcher prise.
Si ce texte te parle, partage-le avec quelqu’un qui traverse ses turbulences en ce moment.
On est peut-être moins seuls qu’on ne le pense.
Georges DEFO