On ne perd pas nos droits. On ne sait juste pas les utiliser.
« Attends, j’appelle mon avocat. »
« Vous ne m’avez pas lu mes droits. »
Ce sont des phrases que l’on entend très souvent quand on regarde les films américains. Et je me demande toujours si c’est vraiment ainsi que cela se passe dans la vraie vie.
Toujours est-il que ce constat m’a poussé à me poser une question : nous, Africains vivant en Occident pour la plupart, comment nous battons-nous réellement pour nos droits ?
J’en parle parce que pendant très longtemps, je n’avais jamais songé à solliciter les services d’un avocat pour m’accompagner dans une quelconque démarche.
Peut-être parce que la gravité de mes situations ne l’exigeait pas vraiment. Mais si je suis honnête avec moi-même, la raison était surtout financière.
Dans ma tête, avocat = cher.
Et de manière presque instinctive, la figure de l’avocat m’a toujours stressé. Je l’associais aux problèmes, aux conflits, aux situations graves.
Alors que finalement, comme je le disais hier dans un autre texte, le rôle principal d’un avocat est souvent de t’apporter de l’information.
Et l’information change tout.
Je pense à un cas très simple que j’ai observé récemment.
Un étranger travaillant dans une entreprise en France se voit proposer une rupture conventionnelle. L’entreprise lui explique que c’est la meilleure solution, lui présente un montant, et lui laisse quelques jours pour signer.
Lui accepte.
Sans consulter personne.
Sans poser de questions.
Sans demander conseil à un avocat spécialisé en droit du travail.
Pourquoi ?
Parce qu’il pense que c’est déjà “bien”.
Parce qu’il ne veut pas créer de problème.
Parce qu’il a peur de perdre ce qu’on lui propose.
Quelques semaines plus tard, il apprend que d’autres collègues, dans une situation similaire, ont négocié des conditions bien meilleures.
Pas parce qu’ils étaient plus intelligents.
Mais parce qu’ils s’étaient fait accompagner.
Un simple rendez-vous avec un avocat leur avait permis de comprendre leurs droits, d’évaluer la proposition et surtout de négocier.
Et c’est là que j’ai compris quelque chose.
Très souvent, ce n’est pas que nous n’avons pas de droits.
C’est simplement que nous ne savons pas comment les utiliser.
Par peur, par manque d’information, ou parce que dans nos cultures, on nous a appris à subir plutôt qu’à contester.
Alors que parfois, la seule chose qui manque entre toi et une situation plus juste…
c’est une conversation de trente minutes avec quelqu’un qui connaît les règles du jeu.
Parce qu’au fond, connaître ses droits ne crée pas des problèmes.
Cela évite simplement d’en subir inutilement.
Georges DEFO