Pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour le pire

Pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour le pire

Dans l’industrie, on fait passer des tests de résistance à haute pression aux produits afin de garantir la sécurité des utilisateurs. On ne saurait, par exemple, livrer des airbags ou un système de direction d’avion sans une batterie de tests qui nous assurent que l’appareil est fiable. Pourquoi stresse-t-on autant ces objets ? Parce que c’est précisément dans les conditions extrêmes qu’on mesure leur résilience et leur fiabilité.

Ce processus, malheureusement, on ne l’applique presque jamais à nos relations, qu’elles soient amicales ou amoureuses. Et d’ailleurs, comment ferait-on ? Devrait-on créer volontairement des situations de crise pour observer les réactions de nos proches ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est qu’on tombe souvent de très haut quand, au premier coup dur, certains disparaissent. Quand l’argent manque, quand le statut vacille, quand la lumière s’éteint, et que soudain, les messages restent sans réponse. On découvre alors que l’intérêt était conditionnel.

Il en va de même pour certains couples. Ceux où l’un des deux claque la porte dès l’arrivée de la première maladie grave, du premier vrai inconfort. Non pas par méchanceté, mais parce que gérer le stress, la peur et l’imprévu demande une solidité que tout le monde n’a pas.

Mon père, de son vivant, a connu une période de grande aisance. Fidèle à sa nature généreuse, il aidait beaucoup, et autour de lui gravitaient courtisans et sourires. Mais une fois la musique arrêtée, le roi déchu s’est retrouvé seul, parfois moqué par ceux qui hier encore se pressaient à sa table.

Cette histoire est devenue pour moi une étoile polaire. Elle me rappelle que les relations les plus solides sont celles qui tiennent quand la pression monte. Tout le reste… ce ne sont que des pièces décoratives.

Alors pose-toi la question, honnêtement :
qui resterait encore là si demain tout s’arrêtait ?
Et à l’inverse, pour qui serais-tu capable de rester, même quand la pression devient insupportable ?

Parce qu’au fond, les vraies relations ne se mesurent pas dans le confort, mais dans la tempête.

Georges DEFO