Quand l’amitié des enfants fait peur aux adultes
Mon fils a un meilleur ami, et ça me fait sourire à chaque fois que j’y pense.
Pour son 4ᵉ anniversaire, il a absolument tenu à l’inviter à la maison. Son ami est très gentil… comme tout enfant de 4 ans, finalement.
J’avoue que lorsque le papa du petit est venu le déposer, je ne savais pas trop comment me comporter. J’avais cette appréhension étrange : peur de donner une mauvaise image, peur d’en faire trop ou pas assez. Bref, cette gêne un peu absurde que seuls les adultes savent créer.
Ayan et son pote s’entendent tellement bien qu’aujourd’hui, à tour de rôle, ils passent des après-midis l’un chez l’autre pour jouer ensemble. Et ça me fait rire, parce que moi, à leur âge, je n’avais pas d’ami chez qui je pouvais aller jouer. Déjà, on allait jouer à quoi ? 😅
Les enfants d’aujourd’hui ont tellement de jouets, tellement de possibilités.
On vit pourtant dans une société où la tension est palpable. Les « communautés », sous l’effet de quelques personnes aux agendas politiques bien marqués, se regardent de plus en plus avec méfiance, voire avec peur. Et ce climat m’inquiète. J’ai peur que, d’une manière ou d’une autre, cela finisse par impacter l’amitié entre ces deux enfants innocents. Qu’ils s’éloignent, non pas parce que leurs chemins se séparent — nous irons probablement nous installer en Afrique — mais parce que la société leur enlèverait cette pureté incroyable : celle de ne pas voir la couleur avant la personne.
Ayan est afro-descendant, son ami est caucasien, mais pour eux, ces concepts n’ont aucun poids quand il s’agit de s’amuser. Pourtant, je le disais plus haut, j’appréhendais la rencontre avec les parents de Clément. Et honnêtement, je ne leur en voudrais pas s’ils ressentaient la même chose. C’est la société dans laquelle on vit qui fabrique ces peurs. On a peur de coller aux clichés. Peur d’être jugés.
Parfois, j’aimerais tellement retrouver l’insouciance d’un enfant de maternelle.
Et toi, que penses-tu de ce constat ?
Georges DEFO