Quand le savoir-faire nourrit une famille… puis disparaît
Nous avons beaucoup de problèmes en Afrique, et l’un des plus criants reste le manque d’emplois pour les jeunes. C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreux Camerounais, et plus largement des Africains, se tournent vers l’entrepreneuriat informel. Ils sont nombreux, ces entrepreneurs, à être devenus de véritables artisans de leur survie économique. Ils ont maîtrisé un savoir-faire qui leur a permis de mettre à manger sur la table familiale, et pour certains, de financer les études de leurs enfants. Les plus chanceux ont même réussi à leur offrir des études à l’étranger.
Étonnamment, cet art ou du moins la maîtrise de cet art n’est pas toujours transmis. On se retrouve alors avec des activités qui ont nourri toute une famille pendant des années et qui s’arrêtent net, simplement parce que le parent n’a plus la force de continuer. Et en face, aucun des enfants, pourtant parfois hautement qualifiés et disposant des compétences nécessaires pour insuffler une nouvelle dynamique au business, n’a jugé utile ou nécessaire de reprendre le flambeau. Comme si perpétuer, moderniser ou développer cette activité n’était ni une responsabilité, ni même une option envisageable.
Combien de « mami makala » ont des enfants diplômés en Marketing ou en communication ? Combien de propriétaires de petits restaurants ayant des enfants diplômés en Comptabilité ou en administration des entreprises, mais ne savent pas le prix de revient d’un plat?
À ton avis, où est le problème ?
Georges DEFO