Quand ton cerveau décide que la journée sera catastrophique
Les chiens ne font pas des chats.
On m’a toujours dit que j’étais du genre difficile à cerner quand il s’agit d’exprimer mes sentiments, et tout me pousse à croire que mon champion est à mon image.
Après tous ces jours à me demander quand je rentre, j’ai finalement pu aller le chercher à la sortie des classes aujourd’hui.
Et comme pour me punir, ou je ne sais quoi, il n’y a pas eu la course comme dans les films où les amoureux courent l’un vers l’autre 😂😂.
Le gars m’a juste lancé un bref :
« Papa ! »
À votre avis, j’avais peut-être raison de m’inquiéter. Il m’en veut.
Le pire dans tout ça, c’est qu’il ne sait même pas tout ce que j’ai enduré pour pouvoir lui faire un câlin avant la semaine prochaine.
Mon vol au départ de Nairobi pour Bruxelles a été annulé à trois reprises, et ceci à chaque fois sans aucune communication écrite de la compagnie aérienne.
J’ai dû passer deux bonnes heures au téléphone avec le service client pour me voir calé sur un vol RwandAir que j’ai attrapé in extremis, laissant à l’hôtel plus de la moitié de mes compagnons de galère.
Une fois arrivé à Kigali, je commence à avoir l’impression que la nature ou les éléments ne veulent pas que je rentre.
Je n’ai pas eu le temps de chasser ce mauvais pressentiment qu’une pluie diluvienne s’abat sur l’avion alors que nous avons déjà embarqué et que nous sommes sur le tarmac.
L’annonce du commandant de bord nous demandant de débarquer ne m’aurait clairement pas paru exagérée, même si j’ai été soulagé quand, après 40 minutes de stress, nous avons enfin pu décoller.
L’avion à moitié vide, nous permettant de nous allonger sur les sièges voisins, n’a pas réussi à adoucir le vol de 8 h 30, dont plus des trois quarts du temps ont été parsemés de turbulences assez violentes.
Elles me tiraient sans cesse de mon sommeil pour vérifier qu’on n’était pas en train de s’écraser. Fin du calvaire. Même le poulet qu’on sert dans l’avion n’a pas réussi à me réconforter.
J’essaie donc de trouver du positif dans le fait que je suis enfin à Bruxelles et que le plus dur est derrière moi… avant de devoir faire une heure au poste frontière, alors qu’habituellement on est plutôt autour de quinze minutes. Imagine mon stress qui monte. J’arrive finalement à me faire contrôler et je traverse la frontière à moins quinze minutes de la fermeture de l’embarquement pour le vol qui m’emmènerait à Lyon.
Je me dis : ah enfin quelque chose qui tourne en ma faveur. Je me suis même dit : pour fêter ça, prenons un souvenir supplémentaire pour le petit. J’entre dans la boutique Lego. Et au moment de payer, la caissière me demande ma carte d’embarquement, que je lui donne… mais je ne trouve pas mon titre de séjour.
Oui oui, je l’ai perdu après avoir passé la frontière, quand je courais pour rattraper mon retard. Le stress monte. Dois-je revenir sur mes pas ? Ou dois-je aller expliquer la situation à la porte d’embarquement ?
Je choisis la deuxième option. Néanmoins, je prends la peine de faire une déclaration de perte sur le site de l’aéroport. Au moment d’accéder à mon cloud pour récupérer une copie du document et l’avoir comme justificatif… mon téléphone, à court de batterie, s’éteint 😂😂. « Je suis devenu laid. » Tout battait en moi : mon cœur, mes poumons, mes reins…
J’y vais au bluff. La dame du check-in regarde juste le passeport… et me laisse embarquer. Je crois que j’ai dormi durant le vol, car je n’en pouvais plus de tout ce stress.
Arrivé à Lyon, il est rare que, dans les vols internes, on fasse un contrôle. Eh bien pas aujourd’hui. J’ai eu droit à deux contrôles des policiers de la frontière me demandant mon titre.
À l’un, j’ai juste donné mon nom et il m’a identifié à l’aide de son téléphone. La seconde m’a demandé de lui montrer une preuve de déclaration de perte. Et tu te souviens que je l’avais faite à Bruxelles. Et je me demande donc ce qu’il se serait passé sinon.
Malgré tout ça, je suis quand même arrivé sain et sauf. Et j’ai envie de dire que tout ce que j’ai vécu ces derniers jours met bien en exergue le biais de confirmation.
Chaque élément, de mon point de vue, confirmait la thèse que quelque chose de mal allait m’arriver. Alors qu’en fin de compte, je peux aussi dire que malgré les événements, je suis arrivé à bon port. Je cherchais juste des éléments qui confirmeraient ma théorie.
Ah j’oubliais. En 14 ans, je n’avais jamais été contrôlé par la douane française.
Et aujourd’hui, j’y ai eu droit 😂😂.
Tout est bien qui … il faut encore que je me fasse pardonner. Et si jamais tu as eu de la compassion pour mon histoire, partage le texte et de nouveaux abonnés vont m’aider à retrouver le sourire.
Georges DEFO