Quand ton enfant découvre le monde… et que toi tu découvres la patience
Depuis quelques semaines, mon fils qui vient d’avoir 4 ans me fait peur.
Quand je le vois arriver, j’ai envie de fuir de l’autre côté. Il est dans sa phase de questionnement.
Il me harcèle.
“Pourquoi ?”
“Et pourquoi ça ?”
“Et pourquoi encore ?”
À peine une réponse donnée que la suivante arrive. En rafale. Sans sommation. Et franchement, moi qui suis de nature très dur quand je ne comprends pas ce que ressent quelqu’un, si c’est ça d’être harcelé, alors je demande pardon pour toutes les fois où j’ai pensé que certaines victimes exagéraient. Là, je vis le truc en immersion totale. Et sans possibilité de bloquer la personne.
Blague à part, cette phase n’a rien d’anormal. Scientifiquement, autour de 3–5 ans, l’enfant entre dans ce qu’on appelle une période d’explosion cognitive. Son cerveau développe massivement les connexions liées au langage, à la causalité et à la compréhension du monde. En clair : il découvre que les choses ont des raisons. Et comme il n’a ni Google, ni Wikipédia, ni ChatGPT… il t’a toi.
Le “pourquoi” n’est pas une provocation, bien que parfois ça en a tout l'air. Ce n’est pas de l’insolence encore moins de la curiosité mal placée. C’est un besoin neurologique. Son cerveau teste, compare, structure. Il veut comprendre comment le monde fonctionne, et surtout s’assurer que l’adulte en face est fiable.
Le problème, c’est que nous, parents, on arrive souvent fatigués, pressés, parfois à bout. Et ce bombardement de questions peut vite devenir irritant. On coupe court. On répond à moitié. Ou pire, on se braque. Alors que pour l’enfant, chaque réponse est une brique de sécurité intérieure. Le conseil que je me donne et que je te partage si tu es parent est simple : ce n’est pas à l’enfant de ralentir, c’est à nous d’adapter notre réponse.
Ça ne veut pas dire répondre à tout, tout le temps, parfaitement. Ça veut dire parfois dire : “Je ne sais pas, mais on va chercher ensemble.” Ou : “Bonne question, on en reparle plus tard.”
Depuis, j’ai arrêté de vouloir fuir quand je le vois arriver. Je respire. Je m’assois. Et je me prépare mentalement à répondre à une dizaine de “pourquoi” avant même qu’il ne me dise bonjour. Parce qu’au fond, s’il me pose autant de questions, c’est peut-être parce qu’il me prend pour quelqu’un qui a les réponses. Et ça… c’est plutôt rassurant. Même si parfois, j’aimerais bien qu’il prenne un jour off.
Et toi, quelle est ta façon de gérer la tempête?
Georges DEFO