Travailler dur ne suffit pas (et ce n’est pas une insulte)
On nous a élevés, pour la plupart, avec une équation simple :
travaille dur, reste sérieux, ne fais pas de bruit… et un jour, ça finira par payer.
Je suis d’accord. Si l’un de ces trois principes manque, le succès durable devient difficile. Mais le problème avec cette phrase, c’est qu’elle est incomplète. Je vais te dire pourquoi.
Penses-tu qu’il existe plus bosseur, plus résilient, plus humble qu’un homme qui fait le pousse-pousse dans les marchés au pays ? Ou plus discrète qu’une maman qui fait le ménage dans des bureaux en Occident pour nourrir ses enfants ?
Ces exemples montrent une chose : respecter ces trois principes garantit presque toujours… un revenu.
Mais ce n’est pas le revenu qui crée la richesse. Oui, tu as déjà entendu cette phrase mille fois. Et pourtant je vais la répéter, parce qu’elle est centrale.
Un salaire, c’est un flux. Il entre. Il sort. Il recommence. Comme on dit au pays, "l'argent c'est le touchement".
Nous sommes presque tous capables d’obtenir un salaire à des niveaux différents.
Certains ont le SMIC. D’autres perçoivent des salaires à cinq chiffres en euros.
Mais nous n’en faisons pas tous le même usage. C'est pour celà que la richesse, elle, est un stock. Quelque chose qui reste même si tu arrêtes de travailler.
L’un peut gagner 4 000€ par mois et ne rien posséder.
L’autre peut gagner 2 000€ et construire un patrimoine.
La différence ne se voit pas sur la fiche de paie. Elle se voit sur le bilan.
Le patrimoine, c’est donc quoi? :
- Un appartement
- Des ETF
- Un business
- Des parts d’entreprise
Des actifs qui continuent à tourner même si ton énergie baisse. L’erreur de beaucoup et ce n’est que mon avis, est de chercher à maximiser leur revenu au détriment du patrimoine.
Maintenant parlons de l’avance invisible que peut octroyer un patrimoine sur du revenu.
Prenons trois jeunes de 18 ans, nés en France de parents immigrés, on partira du principe que les parents à leur arrivée avaient tous le même niveau de revenus.
1️⃣ Djoko
Il va à l’université avec une bourse sociale. Il vivra en résidence étudiante (crous)
Job étudiant pour financer son permis.
Peut-être sa première voiture.
Peu d’épargne, il se fait très souvent plaisir dès qu'il a une rentrée d'argent. C'est très compliqué pour lui de performer dans les meilleures conditions.
2️⃣ Sidibé
Il change de ville pour ses études. Il va louer un studio ou faire une colocation avec d'autres jeunes de son âge.
Ses parents vident le livret ouvert depuis son enfance pour financer permis et voiture. Ils lui envoient de l’argent de poche grâce à leurs activités secondaires. L'un est Photographe évènementiel sur ses weekends et l'autre a une petite activité de service traiteur. Sidibé n'est pas à plaindre.
3️⃣ Ifoma
Elle étudie à Lyon dans un studio appartenant à ses parents.
Au cours de ses études, elle récupère l’épargne accumulée depuis sa naissance.
Elle y ajoute ses économies et s’en sert pour faire l’apport de son premier investissement locatif. Ses parents complètent pour optimiser son crédit.
À 22 ans, elle possède déjà un actif. Et une situation bancaire que même des gens qui bossent depuis plusieurs années n'ont pas. Elle sera capable d'aller en Echange à l'étranger et Suivre sa formation dans les meilleures conditions possibles.
Tu pourrais dire que les parents d’Ifoma ont eu plus de chance. Pas forcément. Tout dépend des choix faits dès les premiers revenus.
Mais aussi de ce qu’on transmet très tôt :
- Des conversations sur l’investissement
- Un compte ouvert à la naissance
- Un réseau professionnel dès le lycée
- Une compréhension des règles fiscales
Ils ne sont pas forcément plus intelligents. Ils sont plus tôt exposés.
Quand tu arrives dans un système que d’autres connaissent depuis l’enfance,
tu n’es pas en retard par manque de mérite. Tu es en retard par manque d’information structurée. Et ce n’est pas forcément fatal.
Nous voici enfin à la fin de ce 1er texte de la nouvelle série "Arriver en mode survie, mais permettre aux générations futures de continuer en mode normal voire facile".
On conclura donc en disant que le travail est nécessaire.
Mais il n’est qu’un moteur. Si tu n’apprends pas à transformer ton revenu en actifs,
tu restes dépendant de ton énergie qui s'amenuise un peu plus chaque jour.
La question n’est donc pas : “Est-ce que je travaille assez ?” mais plutôt “Est-ce que je possède assez ?”
Demain, on parlera dans le 2nd texte de la série de "comment certaines familles structurent tout".
À demain.
Georges DEFO