Tu n’as pas besoin d’être complet. Juste remarquable quelque part.
C’est quelqu’un de borné, malpoli, orgueilleux…mais qu’est-ce qu’il bosse, ce mec !
C’est un foiré. Il n’est même pas beau…mais par contre, c’est un fort aux fesses… hum, c’est un dangereux !
Personne ne peut se lever, me regarder dans les yeux et me dire qu’il n’a aucune lacune. Même le Christ, à mon avis, pêchait par son amour infini, d’après ce que j’ai pu comprendre de la Bible.
Donc si on part de ce constat…le commun des mortels cumule les défauts.
Avoir plein de défauts ne veut pas dire que l’on ne sert à rien ou que l’on n’a pas de valeur.
Au contraire.
Ça permet souvent de mettre en lumière le peu de qualités qu’on possède.
Plus jeune, j’étais laid, très mince, pas du tout athlétique. Je parlais… non, je parle toujours beaucoup trop. Je ne savais pas m’habiller. Et clairement, je ne savais pas parler aux filles.
Mais… j’étais plutôt bon à l’école. Et mes camarades de classe, comme mes enseignants, même 20 ans plus tard, me le rappellent encore.
Ronel me le disait encore l’autre jour et j’en étais déjà convaincu :
même si demain tu veux être éboueur, sois le meilleur ramasseur de poubelles que la Terre ait porté.
De telle sorte que des passants aient envie de s’arrêter quelques instants pour te voir à l’œuvre.
Parce qu’au fond…la vie ne te demande pas d’être parfait. Elle te demande d’être utile. Et surtout…d’être remarquable quelque part.
On passe trop de temps à vouloir corriger toutes nos faiblesses.
À vouloir rentrer dans un moule. À vouloir être “complet”.
Alors que très souvent, ceux qui marquent les esprits…ce sont ceux qui ont une force claire.
Une compétence. Une discipline. Une qualité poussée à un niveau que les autres n’atteignent pas.
À Lyon, il y a Maman Tora et sa recette du ndolé. Il y a Georges, le cuisinier, qui ne sait faire qu’une seule chose : la sauce tomate…mais quelle sauce tomate !
Et le reste, on apprend à vivre avec.
On apprend à compenser. On apprend à s’entourer. On apprend à assumer.
Parce que personne ne sera jamais excellent partout. Mais tout le monde peut devenir exceptionnel quelque part.
Et plus ce “quelque part” est fort…plus il devient facile de relativiser ses autres faiblesses.
Georges DEFO