Tu n’es pas spécial.
On a tous cru, à un moment de notre vie, qu’on était spéciaux. Plus intelligents. Plus doués. Plus prometteurs que la moyenne.
Moi aussi.
En Roumanie, j’avais un camarade camerounais. Avant d’arriver en Europe, il avait galéré pour valider son probatoire. Puis son baccalauréat.
Franchement ?
À l’époque, je ne l’aurais pas mis dans la case “futur crack académique”. Les premières années d’école d’ingénieur n’ont rien changé à cette impression.
Il n’était pas celui qui pouvait viser une bourse d’excellence. Pas celui qu’on citait comme référence. Pendant que lui travaillait, nous, on vivait.
Nos week-ends étaient rythmés par les filles, les sorties au bar, le football.
On s’appuyait beaucoup sur nos acquis.
On fournissait le strict minimum pour rester dans le peloton de tête.
On pensait avoir “ça”.
Puis quelque chose s’est produit. À partir de la deuxième année, il a changé de dimension. Progressivement. Silencieusement.
Il est devenu une valeur sûre en sciences.
Au point de devenir le chouchou de notre professeure de physique.
Ironie ?
À part lui, presque personne ne comprenait réellement son cours.
Il a obtenu son diplôme avec une belle mention. Et je dois être honnête :
je ne l’aurais jamais parié au début. Pas parce qu’il manquait d’intelligence. Mais parce qu’on le comparait à nous.
Et nous, on se croyait spéciaux.
La vérité est plus simple.
Il n’était pas plus talentueux. Il était plus discipliné.
La maturité, c’est comprendre que le talent brut ne garantit rien. Que tu n’es pas spécial.
Que personne ne te doit une réussite automatique. Que le monde récompense la constance plus que le potentiel.
Nous avions peut-être plus de facilités. Mais lui avait plus de rigueur. Et sur le long terme, la rigueur gagne toujours.
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Peut-être qu’il rappellera à quelqu’un que la constance bat le talent. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut comprendre.
Georges DEFO