À quel moment avons-nous commencé à avoir honte de nos propres symboles ?
J’ai récemment eu une discussion intéressante avec quelques jeunes Camerounais autour du mariage traditionnel.
Et honnêtement…certaines réponses m’ont surpris.
Pour plusieurs d’entre eux, le mariage traditionnel n’a aucune valeur. Certains allaient même jusqu’à appeler ça du “folklore”.
Au début, j’ai trouvé ça un peu violent. Puis j’ai essayé de réfléchir plus profondément à ce que cela révélait réellement.
Et je pense que le problème n’est peut-être pas que certaines traditions africaines n’ont plus de valeur. Le problème est peut-être que beaucoup de jeunes ne comprennent plus leur signification. Faute de transmission ou de connexion réelle avec leurs traditions ou/et leurs origines.
Parce qu’au fond, qu’est-ce qu’un mariage traditionnel ?
Pour beaucoup de personnes aujourd’hui, ce n’est plus qu’une cérémonie longue, coûteuse, remplie de coutumes “anciennes”, de négociations entre familles et de codes qu’on ne comprend parfois même plus soi-même.
Mais historiquement, ces rituels avaient souvent un sens beaucoup plus profond. Ce n’était pas juste une fête.
C’était parfois :
- une alliance entre familles,
- une reconnaissance communautaire,
- un passage symbolique vers une nouvelle étape de vie,
- une manière de rappeler que le mariage dépassait simplement deux individus.
Beaucoup de civilisations protègent encore leurs rituels anciens avec énormément de respect.
Les Japonais, Les Indien, Les Juifs, Les peuples arabes.
Même certaines monarchies occidentales continuent à préserver des cérémonies vieilles de plusieurs siècles.
Mais dès qu’il s’agit de certaines traditions africaines, beaucoup de jeunes les regardent immédiatement avec gêne ou mépris.
Comme si tout ce qui est ancien devenait automatiquement inutile.
Et honnêtement… je pense qu’il y a quelque chose de triste là-dedans.
Parce qu’un peuple qui ne comprend plus ses symboles finit souvent par perdre progressivement le lien avec ce qu’il est.
Attention : je ne dis pas que toutes les traditions doivent être conservées aveuglément. Certaines doivent évoluer. D’autres méritent même parfois d’être abandonnées.
Mais il y a une différence entre faire évoluer une tradition et ne même plus chercher à comprendre pourquoi elle existait.
Et je pense que notre génération vit parfois une modernité très rapide, mais avec de moins en moins de racines.
On apprend l’histoire des autres peuples. On admire leurs symboles.
Leurs films. Leurs cérémonies.Leurs spiritualités.
Mais beaucoup deviennent incapables d’expliquer le sens des leurs.
Et peut-être que le vrai danger commence là. Pas quand une tradition disparaît. Mais quand plus personne ne cherche à comprendre ce qu’elle essayait de transmettre.
Est ce que mon fils qui est né en France et qui n’a jamais mis les pieds a Bahouan, saura pourquoi on fait un « toquer-porte »? Si moi même je ne m’y intéresse pas? Je crois qu’on s’est compris.
Georges DEFO le 14-05-2026 à Lyon