Avec le pouvoir viennent de grandes responsabilités
« J’y gagne quoi ? J’ai déjà mon bénéfice, donc faire ça ne m’apporte rien. »
Ce sont des phrases que l’on peut entendre de la bouche de quelqu’un qui se trouve en position de force. Soit parce qu’il n’est simplement pas de nature altruiste, soit parce qu’il l’a été par le passé, a été déçu et ne veut désormais plus donner du sien.
Dans beaucoup de cas, lorsque l’on se lance dans l’entrepreneuriat ou dans une activité quelconque, notre premier objectif est assez simple : atteindre l’autosuffisance.
Pouvoir payer nos charges. Nous verser un salaire. Mettre notre famille à l’abri. Profiter un peu du fruit de notre travail.
Et il n’y a absolument rien de mal à cela.
Mais une fois ce niveau atteint, une question intéressante apparaît :
Est-ce que toute la richesse que je crée doit forcément s’arrêter à moi ?
J’ai longtemps pensé que la réussite se mesurait essentiellement à ce que l’on réussissait à accumuler. Plus d’argent. Plus de confort. Plus de sécurité.
Mais avec le temps, je découvre une autre manière de la regarder.
Tu peux avoir une activité qui te rapporte 5 000 euros par mois et décider de tout optimiser autour de ton propre bénéfice. Certaines personnes, par exemple, font des dons, pas toujours parce que la cause leur est chère, mais parfois simplement pour optimiser leurs impôts.
Je ne crache pas dessus, hein ! Leur argent aide quand même beaucoup de personnes.
Mais tu peux aussi arriver à un stade où ton activité permet à quelqu’un de décrocher son premier emploi, à un prestataire de trouver un nouveau client, à un jeune d’apprendre un métier ou à quelqu’un que tu connais de saisir une opportunité et de faire grandir son activité.
Tu ne t’es pas appauvri pour autant.
Tu as simplement fait en sorte que la richesse produite ne s’arrête pas à ta porte.
J’adore voir ces entrepreneurs qui n’hésitent pas à s’entourer d’alternants, de stagiaires et même d’employés dès lors que leur activité le leur permet.
Je ne suis pas naïf. Il y en a qui s’en servent uniquement comme d’une main-d’œuvre bon marché. Et malheureusement, je pense qu’ils ratent une occasion en or de passer à un autre niveau.
Et de ce niveau, Dangote en a justement parlé dans une déclaration récente qui devrait tous nous interpeller.
Il expliquait qu’il ne voulait plus qu’on l’appelle « the richest man in Africa », mais plutôt « the wealthiest man in Africa ». La nuance peut sembler minuscule. Mais derrière les mots, il expliquait surtout vouloir créer de la richesse pour les autres, et pas uniquement accumuler la sienne.
Évidemment, nous ne sommes pas Dangote. Mais je ne pense pas qu’il faille être milliardaire pour appliquer cette philosophie.
Parfois, c’est recommander quelqu’un pour une opportunité. Former gratuitement un jeune. Confier une prestation à une petite entreprise plutôt qu’à une grosse structure. Partager un contact. Embaucher lorsque notre activité nous le permet. Ou simplement ouvrir une porte que quelqu’un n’aurait pas pu ouvrir seul.
Je sais qu’après avoir lu cette liste de possibilités pour créer de la richesse pour les autres, tu te dis peut-être : « Ah, mais c’est facile ! »
Hélas, il est encore plus vrai qu’il est très difficile, pour la majeure partie des gens, de faire ce qui est simple.
Alors, arrêtons peut-être de nous demander uniquement : « Combien est-ce que je gagne ? »
Et demandons-nous aussi : « Combien de personnes gagnent parce que j’ai réussi ? »
Parce qu’il existe peut-être une différence entre avoir de la richesse et devenir une source de richesse.
PS : Voilà, à mon avis, un début de solution à beaucoup de problèmes que rencontre le tiers-monde et, plus globalement, la race humaine.
Georges DEFO, le 14-09-2026 à Lyon