Avant même que tu commences à jouer… certains ont déjà gagné.
À Douala, au Cameroun, en septembre 2010, je m’apprête à quitter famille et amis pour aller “me chercher” à l’étranger.
Avec du recul, ce qui me marque le plus…c’est que je n’avais aucun plan.
Je savais que je partais pour mes études.
Mais comment ça allait se passer ?
Comment j’allais me gérer financièrement ?
Quel était mon projet après ?
Je me rends compte aujourd’hui que je n’avais rien préparé.
Et pourtant, autour de moi, certains de mes compagnons de voyage — parfois avec moins de bagages académiques que moi — avaient, eux, un agenda bien ficelé.
Pour certains, la Roumanie n’était qu’une étape.
Il fallait ensuite rejoindre la France avec un visa touriste.
Ou se stabiliser en Roumanie, construire une situation (famille, enfants)… puis migrer tranquillement vers un autre pays.
Tout ça…
alors qu’on était encore au Nigéria pour faire nos demandes de visa.
Une fois arrivé à Bucarest en février 2011, le hasard — ou la bonne aventure — a mis sur ma route mon ami Yannick.
Lui avait une habitude simple, mais redoutable :
passer des heures sur Internet à fouiller, analyser, comprendre.
C’est grâce à ça que nous avons découvert une bourse d’excellence.
Résultat :
lui et moi en avons bénéficié pendant trois ans grâce à nos résultats académiques.
Juillet 2014.
Diplômes en poche. Cette fois, on avait appris. On avait préparé notre envol pour la France six mois à l’avance.
Admissions sécurisées. Documents traduits et légalisés. Dossier solide.
Mais autour de nous…certains n’avaient rien anticipé.
Certains ne savaient même pas qu’il fallait s’y prendre en avance. Et pire encore…
l’un d’eux n’avait pas renouvelé son passeport, qui avait moins de six mois de validité. Résultat : pas de demande de visa possible. Retour au pays.
Et ce n’est pas tout. Yannick avait même déjà prévu la suite.
Pour lui, la France n’était qu’une étape. La destination finale : le Canada.
Une fois arrivé en France, il lui a fallu près de quatre ans pour exécuter la phase finale de son plan. Aujourd’hui, il vit au Canada.
Et à mon sens…il coche progressivement toutes les cases qu’il avait dessinées.
Avec le temps, j’ai compris quelque chose. Ce ne sont pas forcément les plus brillants qui réussissent.
Ce sont ceux qui ont un plan.
J’ai même observé que certaines personnes arrivées illégalement en Occident mais avec une vision claire, un agenda structuré, s’en sortaient mieux que d’autres arrivées légalement… mais sans direction.
Parce qu’au final…beaucoup trop avancent à l’aveugle. Ils vont à gauche, à droite, sans cap précis. En espérant s’échouer un jour sur une plage qu’ils appelleront “réussite”.
Oui biensur que certains y arriveront par chance, mais trop peu pour que je n'aie pas envie de nous exhorter à mieux nous préparer dans tout ce qu'on entreprend car si on passe le temps à improviser sur tout, ca veut dire qu'on est déjà en retard dans la course qu'on veut mener.
Georges DEFO le 14.04.2026 à Lyon