“Ma retraite, ce sont mes enfants”

“Ma retraite, ce sont mes enfants”

C’est une phrase qu’on a tous déjà entendue. Dans nos cultures, elle est presque normale. Elle peut même paraître logique.

Après tout… tu élèves des enfants, tu te sacrifies, tu investis du temps, de l’énergie, de l’argent…

Alors, quelque part, tu t’attends à un retour.

Plus le temps passe, et surtout depuis que je suis moi-même parent , je me demande : est-ce vraiment le rôle de nos enfants ?

Parce que derrière cette phrase, il y a une réalité plus lourde.

Une attente. Une pression silencieuse…posée sur les épaules d’enfants qui, au fond, n’ont rien demandé. Celle de devoir “réussir”… pas seulement pour eux,
mais pour porter toute une génération. "Mettre le daron et la daronne à l’abri".

Et ça change tout.

Tu ne fais plus des choix uniquement pour toi. Tu fais des choix pour assurer, sécuriser…et parfois ne pas décevoir.

Même si ça te demande de renoncer à tes rêves. Ou à ton enfance. On en voit tous les jours.

Ces jeunes qui finissent en burn-out ou en dépression parce qu’ils veulent “réussir” comme footballeur à tout prix pour rendre leurs parents fiers. Au point de ne plus voir que le football est d'abord un jeu.

Ces jeunes filles qui cherchent un mari riche pour offrir un mariage princier à leur mère.

Ou encore ceux qui basculent dans l’illicite pour sortir leurs parents de la galère… rapidement.

Et au final…tu t’oublies.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas aider ses parents.

Au contraire.

C’est une question de respect. De reconnaissance.

D’ailleurs, prendre soin d’un enfant, c’est aussi lui montrer comment il devra se comporter demain, quand son tour viendra. Et il est normal de dire merci pour ça.

Mais il y a une différence entre aider… et être désigné comme solution.

Parce que le jour où un enfant devient une “retraite”…il cesse d’être libre.

Son champ de possibilités se réduit. Parce qu’il devra toujours s’assurer d’être capable de répondre présent.

Que cette situation soit voulue par les parents ou non…elle n’est pas saine.

Et donc, en tant que parents, pour ceux qui en ont la possibilité dès aujourd’hui, l’une des meilleures façons de s’en prémunir ce n’est pas de préparer nos enfants à cette dépendance. C’est de construire dès maintenant notre propre indépendance.

De telle sorte que l’aide de nos enfants devienne un choix…et non une obligation.

Parce qu’au fond…

l’amour se donne mieux quand il n’est pas imposé.

Georges DEFO