Et si mon fils avait un secret qu'il n'osait pas me raconter
Hier, pendant qu’Ayan mangeait son repas, je ne sais plus trop pourquoi, il s’est mis à parler de secrets.
Flo lui a alors expliqué quelque chose qui m’a particulièrement marqué.
« Ayan, personne ne doit te demander de garder un secret que tu ne peux pas raconter à Papa ou Maman. Tu dois toujours pouvoir venir nous en parler. »
En y repensant, je ne me souviens pas avoir reçu ce conseil de mes parents lorsque j’étais enfant.
Peut-être parce que nous étions beaucoup moins en contact avec des personnes extérieures à notre cercle familial. Ou peut-être simplement parce que ce n’était pas un sujet dont on parlait autant à l’époque.
Mais aujourd’hui, avec toutes ces histoires horribles qu’on entend, je réalise à quel point il est important d’en discuter avec nos enfants.
Et cette conversation m’a ramené à l’une de mes plus grandes craintes en tant que père.
Et si, un jour, mon fils préférait se confier à quelqu’un d’autre plutôt qu’à moi ?
Pas simplement parce qu’il aurait trouvé une personne de confiance. Ça, je peux le comprendre.
Mais parce que j’aurais échoué à créer cet espace dans lequel il peut tout me raconter sans craindre ma réaction.
Ou pire, parce qu’une autre personne aurait réussi à construire avec lui une relation suffisamment forte pour instaurer un système de secrets dont je serais volontairement exclu.
Je crois que nous, parents, avons parfois tendance à penser que nos enfants viendront naturellement nous raconter ce qui leur arrive.
Mais est-ce vraiment automatique ?
Un enfant qui se fait gronder chaque fois qu’il avoue une bêtise aura-t-il toujours envie de raconter quelque chose de plus grave ?
Un enfant dont on minimise les inquiétudes aura-t-il le réflexe de venir nous parler lorsqu’il se sentira mal à l’aise avec un adulte ?
Je commence à comprendre que la confiance de nos enfants ne nous est pas acquise simplement parce que nous sommes leurs parents.
Elle se construit dans nos réactions quotidiennes, dans notre façon de les écouter et surtout dans notre capacité à accueillir leurs confidences, même lorsqu’elles nous dérangent.
Alors oui, nous devons apprendre à nos enfants à se méfier des secrets qui les mettent mal à l’aise.
Mais nous devons surtout devenir ces personnes auprès desquelles ils n’auront jamais peur de venir les révéler.
Et ça, je crois que c’est un travail qui commence bien avant qu’un problème ne survienne.
Georges DEFO — Lyon, le 06-11-2026