Je ne chasse pas le mammouth et je n’en ai pas honte!

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Je ne chasse pas le mammouth et je n’en ai pas honte!

« À ton âge, moi, je marchais plusieurs kilomètres pour aller à l’école ! »

Qui n’a jamais entendu une phrase de ce genre ? 😂

Nos parents ont connu des difficultés et, parfois, ils semblent presque déçus de voir que nous n’avons pas à traverser les mêmes épreuves.

Au travail, c’est pareil.

Un ancien qui a passé dix ans à gravir les échelons peut avoir du mal à accepter qu’un jeune obtienne rapidement un poste à responsabilités.

Dans l’entrepreneuriat, certains regardent avec méfiance celui qui réussit sans avoir connu la faillite, les nuits blanches ou les fins de mois difficiles.

Comme si la souffrance était devenue une preuve de mérite.

Pourtant, à quoi servent les sacrifices d’une génération si la suivante doit absolument les reproduire ?

Je ne nie pas que les difficultés puissent nous apprendre la patience, la résilience ou l’humilité.

Mais ce n’est pas parce qu’une épreuve nous a rendus plus forts qu’elle était nécessaire.

Et surtout, nous devrions peut-être apprendre à admirer aussi ceux qui réussissent grâce à une bonne préparation, un environnement favorable ou simplement parce que d’autres leur ont facilité le chemin. Et c’est la que tu vois l’intérêt dans ce que je disais hier. En préparant le chemin pour la postérité, il est fort probable que la souffrance telle que nous l’avons vécue ne fasse pas partie de l’existence de la generation d’après et ça ne devrait pas être une raison pour celle-ci d’être moins fière de ses succès. Je ne suis pas honteux d’aller chercher ma nourriture au supermarché quand d’autres parents à une autre époque devait aller à la chasse au mammouth sans être sûrs de revenir sains et saufs avec le dîner.

Le progrès, ce n’est pas de transmettre nos souffrances. C’est de permettre aux suivants de ne pas les revivre.

Georges DEFO, le 19-10-2026 à Nairobi

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