Je ne fais pas de politique.

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Je ne fais pas de politique.

C’est ce que je dis souvent.
C’est ce que beaucoup d’entre nous disent.

Comme si c’était un choix neutre.
Comme si ça n’avait aucune conséquence.


La vérité ?

Je ne comprends pas grand-chose à ce qui se décide.
Et ça fait déjà un moment que cela dure.

Les lois passent.
Les réformes s’enchaînent.

Même dans un domaine comme celui qui régit mon activité, je découvre souvent les choses après coup.

Pas parce que c’est trop compliqué.
Mais parce que je ne fais pas l’effort.

Je suis installé dans ce confort dangereux :
“Je ne fais pas de politique.”


J’ai plusieurs fois assisté à des débats télévisés, généralement en période électorale, très souvent parce que c’est l’actualité du moment.

Et très rapidement, les débats me dépassent, car j’ai assez de recul pour savoir que je ne suis pas assez outillé pour déterminer si ce qui se dit est vrai ou pas.

Et le pire serait justement de faire des hypothèses sur des postulats de départ faux.

Donc très souvent, je zappe.
Et je me retrouve sur les réseaux sociaux, où chacun y va de sa version ou de sa vision subjective de la loi et de chaque situation.

Finalement, c’est la confusion totale…
et j’ai encore moins envie d’en savoir plus.


Dit comme ça, nombreux sont ceux et celles qui vont se sentir soulagés de ne pas être les seuls à ressentir ce que je viens de mettre en exergue.

Néanmoins, je vais nuancer ça.

Samedi 2 mai 2026, en soirée, on en parlait.

Un débat tendu.
Presque électrique.

Le sujet : la représentativité dans le Littoral.

Certains disent :
si tu n’es pas descendant de la région,
tu ne dois pas la représenter.

D’autres s’appuient sur la loi, la Constitution, les textes.

Et moi ?

Moi, j’étais entre les deux.

Avec un argument… surtout sentimental.

Parce que j’y suis attaché.
Parce que j’y suis né et y ai grandi.
Parce que je m’y sens légitime.


Mais à un moment, j’ai compris quelque chose.

Le débat m’avait dépassé.

Pendant que certains citaient des articles de loi,
moi… je ressentais.

Je mettais le cœur, comme on dit au Cameroun.

Et ce jour-là, ça n’a pas suffi.

Quand je dis que ça n’a pas suffi, ce n’est pas pour dire que je suis moins convaincu d’être légitime.

Mais j’ai appris que la loi prévoyait, dans les conditions pour être éligible à représenter une région, une composante sociologique.

Et ça, je l’ignorais.

J’étais même prêt à parier que ce n’était pas vrai.

C’est une particularité de la loi au Cameroun, mais elle existe.

Et ça, je ne le savais pas.

Et Dieu seul sait combien d’autres choses assez simples je ne connais pas dans ce domaine.


C’est donc là que j’ai compris.

On croit être loin de la politique…
jusqu’au jour où elle nous rattrape.

Une loi peut définir qui tu es.
Un texte peut décider où tu appartiens.
Un débat peut te retirer une légitimité que tu pensais acquise.

Et connaître la politique — ou la loi, même d’un point de vue financier — peut t’aider à faire de meilleurs choix.

C’est d’ailleurs ce qu’a fait l’un de nos amis, qui s’est mis à investir massivement dans la région d’origine de ses parents plutôt que dans celle où il est né.


Et pendant ce temps…
toi, tu dis que tu ne fais pas de politique.


Un peuple passif ne crée pas juste du silence.

Il crée des décisions… sans lui.
Des règles qu’il ne comprend pas.
Des leaders qu’il ne contrôle pas.


On critique les dirigeants.

Mais on oublie une chose essentielle :

Ce ne sont pas les leaders qui deviennent dangereux.

C’est le peuple…
quand il décide de ne plus regarder
et remet tout entre les mains de Dieu,
qui, hélas, a déjà tellement de choses à faire.

Georges DEFO le 04-05-2026 à Lyon