La valeur réelle de ton logement!
Quand j’étais enfant, la réussite avait presque toujours la même forme.
Trouver un emploi. Construire sa maison. Fonder une famille.
Et honnêtement, beaucoup de nos parents y sont parvenus.
Certains ont construit leur maison avant même d’avoir cinquante ans.D’autres ont acheté plusieurs terrains.Parfois avec un seul salaire.Parfois avec des revenus qui feraient sourire beaucoup de jeunes cadres aujourd’hui.
Pourtant, quand je discute avec des personnes de ma génération, j’entends souvent la même chose :
« Je gagne correctement ma vie, mais je ne me vois pas acheter une maison avant longtemps. »
Je ne parle pas ici de s’endetter sur vingt-cinq ans pour acheter un appartement.Je parle de payer de sa poche, comme beaucoup de nos parents l’ont fait.
Alors une question me vient souvent à l’esprit.
Nos parents ont-ils réellement eu la vie plus facile que nous ?
Ou sommes-nous simplement en train de vivre dans un monde différent ?
Car le monde de nos parents était relativement prévisible.
On travaillait souvent pour la même entreprise pendant des décennies.Les villes étaient moins chères. Les terrains étaient plus accessibles. La mobilité internationale était faible.
Aujourd’hui, certains changent plusieurs fois de métier. D’autres vivent dans plusieurs pays au cours de leur vie. Certains créent des entreprises. D’autres travaillent à distance.
Sans oublier l’esprit de concurrence qui anime les nouvelles générations, le tout exacerbé par les réseaux sociaux. Les gens ne se contentent plus facilement de ce qui leur suffirait pourtant largement. On vit pour le regard des autres. On compare. On affiche. Et parfois, on dépense plus que ce qu’on peut réellement se permettre.
Et pourtant, malgré toutes ces différences, nous continuons souvent à mesurer notre réussite avec les critères de leur époque.
Comme si posséder sa résidence principale était devenu une obligation.
Je sais que cette idée va faire réagir.
Mais t’es-tu déjà vraiment posé la question ? Est-ce vraiment le cas ?
Prenons un exemple simple.
Imaginons deux personnes disposant chacune de 300 000 €.
La première décide d’acheter sa résidence principale.
La seconde achète trois petits appartements qu’elle met en location et continue à louer son propre logement.
À la fin du mois, laquelle est réellement la plus libre ? Celle qui vit dans sa propre maison mais dont le bien ne produit aucun revenu ?
Ou celle qui habite un logement loué mais dont les loyers financent une partie de son mode de vie ?
Et puis il y a une autre réalité dont on parle peu. Certaines personnes aiment voyager. Changer de ville. Changer de pays. Saisir rapidement des opportunités professionnelles.
Pour elles, être propriétaire de leur résidence principale peut parfois devenir une contrainte plus qu’un avantage.
Je sais que cette idée choque encore beaucoup de monde.
Et c’est peut-être aussi pour cela que les villas fantômes dans certains quartiers chics de Douala ne choquent presque personne.
Certaines sont fermées onze mois sur douze. Mais elles continuent d’être perçues comme des symboles de réussite.
Parce que pendant longtemps, construire sa maison a représenté la sécurité. La stabilité. La réussite. Et je respecte profondément cette vision. J’aspire d’ailleurs tout autant à posséder ma maison, mais pas à tout prix.
Mais je pense qu’il est important de se poser une question. Sommes-nous obligés de reproduire exactement le modèle de nos parents ?
Ou devrions-nous plutôt construire un patrimoine adapté à la vie que nous voulons réellement mener ?
Je ne suis pas certain que tout le monde doive construire une villa pour réussir sa vie.
Je suis en revanche convaincu qu’il est dangereux de poursuivre un rêve uniquement parce qu’il a fonctionné pour la génération précédente.
Un patrimoine n’a de valeur que s’il sert la vie que l’on veut réellement mener.
Et je pense qu’on ne devrait pas faire les offusqués lorsqu’une personne choisit une autre voie, surtout si sa décision est mûrement réfléchie et cohérente avec ses projets de vie.
Et toi ? Qu’en penses-tu ?
Georges DEFO, le 01-06-2026,à Lyon, dans ma location.