Nos enfants aimeront l’Afrique à travers ce que nous leur transmettons
Ayan aime le Cameroun.
Pourtant, quand il en parle, il me rappelle souvent deux choses : il faisait très chaud et il y avait beaucoup de coupures d’électricité.
C’est sa manière à lui de raconter ses souvenirs.
Il se souvient de la chaleur qui colle à la peau. Des moments où la lumière partait sans prévenir. Des ventilateurs qui s’arrêtaient. Des adultes qui cherchaient des bougies ou sortaient sur la terrasse pour respirer un peu.
Mais malgré ça, il parle du Cameroun avec le sourire.
Parce que dans sa tête, le Cameroun ne se résume pas aux coupures de courant.
C’est aussi les cousins. Les grands repas. Les gens qui l’appellent par son prénom. Les trajets en voiture. Les odeurs de nourriture. Les moments où tout le monde est dehors, même quand il fait chaud.
Et je trouve cela important.
Nous, les parents de la diaspora, parlons parfois tellement des problèmes de nos pays que nos enfants finissent par croire qu’ils n’ont rien à y aimer.
Oui, il faut leur dire la vérité. Oui, il ne faut pas leur vendre une Afrique imaginaire.
Mais il faut aussi leur raconter ce qui nous a construits.
Parce qu’un enfant n’hérite pas seulement d’un passeport ou d’un nom de famille.
Il hérite aussi des histoires qu’on choisit de lui transmettre.
Et parfois, c’est elles qui lui donnent envie de revenir.
Georges DEFO, le 24-06-2026 à Lyon