Nos enfants ne connaissent parfois l’Afrique qu’à travers nos plaintes
Parfois, je me demande quelle image de l’Afrique nous transmettons à nos enfants.
Pas dans les discours officiels.
Pas dans les grandes phrases sur les racines.
Mais dans les petites conversations du quotidien.
Quand on parle du pays, ils entendent souvent les mêmes choses.
Il fait trop chaud.
Il y a les coupures.
L’administration est lente.
Les routes sont fatiguées.
La famille demande trop.
Les gens sont compliqués.
Rien ne marche jamais comme prévu.
Et tout cela est parfois vrai.
Mais si nos enfants n’entendent que cela, comment pourront-ils aimer ce qu’on leur présente comme un problème permanent ?
Philippe Simo disait dans l’une de ses vidéos que, pour certains enfants qui grandissent en Occident, être envoyé en Afrique ressemble presque à une punition.
Et quand on y pense, ce n’est pas si étonnant.
Ces enfants nous entendent.
Même quand on ne leur parle pas directement, ils nous entendent nous plaindre de la malhonnêteté des gens restés au pays. De l’insécurité. Des jalousies familiales. Des demandes d’argent. Des complications.
Encore une fois, il ne s’agit pas de mentir.
Nos pays ont leurs problèmes.
Mais si nous ne leur racontons jamais ce qu’il y a de beau, de digne, de profond et de précieux, comment voulons-nous qu’une fois adultes, ils aient envie d’y aller ?
Comment voulons-nous qu’ils épousent des personnes de notre origine, si nous-mêmes ne semblons respecter ni nos frères, ni nos sœurs ?
C’est peut-être ça, notre responsabilité.
Dire la vérité sans tuer l’attachement.
Raconter les difficultés, oui.
Mais raconter aussi la beauté.
Parce qu’un enfant n’hérite pas seulement d’une origine.
Il hérite surtout de l’image qu’on lui a répétée assez longtemps pour qu’elle devienne sa vérité.
Georges DEFO, le 08-07-2026 à Lyon