On admire Nairobi, mais qui va construire Douala ?

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On admire Nairobi, mais qui va construire Douala ?

Dernièrement, j’ai raconté mon voyage au Kenya à Ronel.

Je lui parlais de Nairobi avec beaucoup d’enthousiasme.

Les buildings qui poussent comme des champignons.Les services de livraison à domicile comme si on était à Lyon.L’énergie dans les rues.Le dynamisme du business.Et surtout, cette impression étrange d’être dans une ville africaine qui avance vite, très vite.

Franchement, Nairobi m’a impressionné.

Il y a des endroits où tu marches et tu sens que quelque chose est en train de se construire. Tu vois des jeunes qui entreprennent, des services qui se modernisent, des quartiers qui changent, des infrastructures qui donnent envie de sortir son téléphone et de prendre des photos.

Et c’est là que la comparaison devient difficile.

Parce qu’à chaque fois que j’atterris à Douala après une longue période loin du Cameroun, je ressens aussi quelque chose de très fort.

Le bruit des klaxons.L’odeur du soya au bord de la route.Le poisson braisé qui fume quelque part.Les voix familières.Cette chaleur humaine qui ne s’explique pas vraiment.

Douala me touche d’une manière que Nairobi ne peut pas toucher.

Mais soyons honnêtes.

Une fois l’émotion passée, la réalité revient vite. Les lenteurs. Les routes compliquées. Les coupures. Les frustrations administratives. Les petites habitudes qui fatiguent. Les “je connais quelqu’un” qui remplacent souvent les règles normales.

Il est facile d’admirer une ville africaine quand d’autres ont déjà fait une partie du travail. Il est facile de prendre Nairobi en photo. Il est plus difficile de participer à rendre Douala photogénique.

Nous voulons tous des villes africaines modernes, belles, propres, efficaces, dynamiques. Des villes où l’on peut entreprendre, circuler, investir, livrer, créer, respirer.

Mais parfois, nous voulons surtout profiter du résultat. Pas participer au chantier.

On veut que les choses changent, mais quand l’administration est lente, on cherche quelqu’un à l’intérieur.On veut moins de désordre, mais on contourne les règles quand ça nous arrange.On veut des institutions fortes, mais on continue d’utiliser les failles qui les affaiblissent.

C’est notre grande contradiction.

Nous voulons des villes africaines dignes de nos photos, mais nous ne voulons pas toujours devenir des citoyens dignes de ces villes.

Nairobi n’est pas devenue inspirante par magie.Quelqu’un a construit.Quelqu’un a investi.Quelqu’un a essayé.Quelqu’un a pris le risque de croire qu’une ville africaine pouvait être plus qu’un souvenir, plus qu’un décor, plus qu’un lieu de vacances.

Et comme Ronel me l’a dit, c’est à nous de nous battre pour que Douala devienne aussi nyanga que Nairobi.

Pas seulement aller profiter de Nairobi en attendant que d’autres améliorent Douala.

Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas seulement :

Pourquoi Nairobi est si belle ?

La vraie question, c’est :

Qu’est-ce que moi, je fais pour que Douala le devienne aussi ?

C’est un peu ce que fait mon ami Taf en construction un si bel immeuble à SOA, il ouvre le bal a sûrement d’autres beaux immeubles qui viendront embellir le paysage de la commune.

Georges DEFO, le 17-06-2026 à Lyon

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