Pourquoi as tu honte de ton accent?

Partager
Pourquoi as tu honte de ton accent?

Pourquoi certains Africains ont honte de leur accent ?

Ce sujet va faire grincer des dents. Et honnêtement… je vais me régaler.

Parce qu’il y a un truc qui m’a toujours fait rire. Mais qui m’attriste en même temps.

Les Camerounais anglophones, eux, n’ont absolument aucune gêne quand il s’agit de se faire comprendre lorsqu’ils s’adressent à un francophone.

Ils vont massacrer le français avec une confiance… admirable.

Le verbe est au futur, au passé, au conditionnel et au hasard dans la même phrase… mais ils avancent quand même.

L’objectif est simple : se faire comprendre.

Pendant ce temps, certains francophones, eux, préfèrent parler français… même quand la personne en face ne comprend pas bien.

Pourquoi ?

Parce qu’on a peur.

Peur du regard des autres. Peur qu’on se moque de notre accent. Peur d’avoir l’air “moins intelligent”.

Alors on se tait.

Ou pire… on essaie de cacher d’où on vient.

Cette observation chez les anglophones et les francophones est la version locale de ce que font certains francophones une fois à l’étranger.

En réalité, beaucoup te diront qu’ils ont du mal à se faire comprendre quand ils gardent leur accent, ce qui m’a toujours semblé léger. Ou révélateur d’une méconnaissance.

L’accent, pour moi, est très différent de la diction et du vocabulaire.

Il arrive parfois que tu utilises certains mots dans ton jargon d’origine qui n’ont pas le même sens qu’en France.

Par exemple, quand quelqu’un se fait mal, tu lui dis en argot camerounais : « Assia ».

Et en français, tu vas dire : « Patience ».

Imagine donc ton camarade de classe français qui tombe de vélo. Tu accoures et, plein de compassion, tu lui dis : « Patience ». Il est fort probable qu’il soit confus.

Donc à un certain niveau, le souci est plus la diction et l’usage qu’on fait des mots que l’accent qu’on veut prendre et qui, parfois, pour certains, frôle le ridicule.

Spoiler alert : Léopold Sédar Senghor maîtrisait mieux la langue française que bon nombre d’entre nous. Mais je ne pense pas qu’il ait eu honte de son accent prononcé qui rappelait le Sénégal, son cher pays.

Mieux encore, quand tu observes les enfants, tu comprends vite que cette peur n’est pas naturelle.

Les enfants s’en fichent.

Ils mélangent les langues. Inventent des mots. Prononcent n’importe comment.

Mais ils parlent.

Avec confiance. Avec insouciance.

Parce qu’à cet âge-là, communiquer est plus important que paraître.

Puis l’environnement arrive.

Les moqueries. Les humiliations. Les “tu parles bizarrement”.

Et petit à petit… on commence à avoir honte.

Honte d’un accent qui raconte pourtant une histoire.

Parce qu’au fond, un accent, ce n’est pas juste une façon de parler.

C’est souvent la preuve que tu as eu le courage d’apprendre une langue qui n’était même pas la tienne.

Et ça… ce n’est pas une faiblesse.

C’est presque un exploit.

Si avoir l’accent de ton pays d’accueil te permet d’avoir plus confiance en toi, pas de souci.

Mais tout le monde ne ressent pas ce besoin.

Donc pas besoin de se sentir honteux ou inculte.

L’essentiel est de se faire comprendre… et de ne pas dire de bêtises enrobées dans un accent tout droit sorti de Versouilles.

Georges DEFO, le 06-05-2026 à Lyon, chez Franck Coiffure.