Pourquoi juge-t-on plus sévèrement celui qui échoue que celui qui ne tente rien ?
Un de mes amis avait lancé une entreprise de nettoyage de voitures.
Pendant un bon moment, l’activité fonctionnait plutôt bien. Il avait ses clients, son organisation, ses charges et tous les problèmes que découvre celui qui décide un jour de porter un business sur ses épaules.
Puis, pour des raisons extérieures à l’activité elle-même, l’entreprise a fini par fermer.
Aujourd’hui, cette expérience fait parfois de lui la risée de certaines personnes.
Et je trouve cela assez injuste. Peut-être parce que je l’ai vu faire. Je sais les sacrifices que demande un business. Je sais la force qu’il faut pour continuer quand les revenus sont incertains, quand les problèmes arrivent et que, contrairement au salariat, personne ne viendra nécessairement les résoudre à ta place.
Mais notre société a une étrange manière de comptabiliser les échecs. Celui qui essaie et perd 10 000 euros a échoué. Celui qui parle de son projet pendant dix ans sans jamais commencer, lui, n’a officiellement rien perdu. Son échec est simplement invisible. Et c’est précisément ce qui me dérange.
Je ne voudrais surtout pas que l’échec de ceux qui ont osé devienne le justificatif de ceux qui n’essaient même plus.
Qu’on regarde celui qui est tombé en disant : « Tu vois ? J’avais raison de ne pas essayer. » Alors qu’on pourrait aussi se demander : « Qu’a-t-il appris que je ne sais pas encore ? »
Tous ceux qui essaient ne réussiront pas. Mais l’échec de celui qui a tenté peut devenir une première marche. Pour lui. Et parfois même pour ceux qui auront l’intelligence d’apprendre de sa chute. Ne faisons pas de l’échec des autres une raison de rester au pied de l’escalier.
Georges DEFO, le 07-09-2026 à Lyon