Une nuit à Charles de Gaulle

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Une nuit à Charles de Gaulle

Mon ami Charlie est de retour. Pendant longtemps, il m’a abreuvé de quelques textes. Et pour une raison que j’ignore, il a cessé d’écrire. Je te disais que la résilience c’est pas facile. La motivation c’est comme les parties genitales du porc, ça balance de la gauche vers la droite. Mais bon, mieux vaut tard que jamais.

Il nous a produit une petite pépite que je veux partager avec toi.

« Nuit blanche à Charles de Gaulle : Le miroir binaire de notre société

Aviez-vous déjà pensé au fait qu’en Occident, un aéroport est à la fois un lieu où se réalisent des rêves et un endroit cauchemardesque pour certains de nos concitoyens ? Avez-vous déjà été le témoin d’une telle binarité ?

Depuis quelques années, j’ai souvent eu l’opportunité de me déplacer en Europe ou en Afrique pour diverses raisons. Évidemment, je suis éternellement reconnaissant pour ces opportunités que mon Créateur m’accorde. Il s’avère que ces voyages m’ont permis de développer un certain sens de l’observation des différents environnements dans lesquels je me suis retrouvé. Ce sens de l’observation est à l’origine d’une découverte personnelle marquante. Certains d’entre vous ont certainement déjà fait ce constat. Permettez-moi de vous partager mon expérience.

En Occident, l’aéroport est un endroit de rêve pour la plupart d’entre nous. Il est à la fois un lieu de passage et le théâtre de la concrétisation de nos projets (personnels, familiaux ou professionnels). Il permet de matérialiser une réalité qu’on affectionne tant : celle de prendre notre envol et de rejoindre des contrées plus ou moins lointaines.

Cependant, les aéroports occidentaux cachent une autre réalité qui émerge généralement au cœur de la nuit. Cette réalité s’est imposée à moi à l’occasion d’un voyage que je devais effectuer à 3 heures du matin au départ de l’aéroport Charles de Gaulle à Paris. La veille de ce départ, un mouvement social avait partiellement paralysé le réseau des transports sur le territoire national. Il fallait par conséquent anticiper mon départ depuis Lyon. Je me suis ainsi retrouvé à l’aéroport dès 23 heures. Cette nuit-là, la bi-dimensionnalité de l’aéroport s’est plus que jamais révélée à moi. En effet, alors que certains viennent dans un aéroport pour prendre leur envol, d’autres, malheureusement, se retrouvent piégés dans une boucle infernale où ils voient leur absence d'horizon se répéter sans cesse. Certains de nos concitoyens en difficulté utilisent les terminaux comme un lieu de refuge, un espace où ils s’échappent plus ou moins de la violence de la réalité sociale à laquelle ils sont confrontés : celle d’être sans-abri.

Dans la multitude des personnes qui se déplacent dans cet aéroport pour trouver leur terminal ou leur porte d’embarquement, ces derniers déambulent avec leur chariot à la recherche de l’endroit dégageant un peu de chaleur dans ce lieu glacial. Ils ne sont pas pressés et affichent un sourire de bienveillance qui en arrive parfois à vous surprendre. Est-ce la manifestation d’une lueur d’espoir qu’ils nous révèlent ? Peut-être… Mais vous l’aurez relevé, ils vivent une tout autre réalité. Certains ont trouvé refuge dans cet endroit depuis plusieurs années. Ils dorment sur des bancs et bravent le froid avec un courage qui vous surprendrait assurément.

Pourtant, malgré un échange avec l’un de ces sans-abris qui m’invitait à être vigilant, un sentiment d’impuissance a rapidement pris le dessus. Après réflexion, cette bienveillance a suscité en moi une grande admiration. Je me suis alors rendu compte que la précarité n’avait en rien altéré sa dignité intrinsèque. D’un autre côté, le constat de l’échec de notre société se dressait devant moi. Cette expérience a également eu pour effet de renforcer ma reconnaissance éternelle envers mon Créateur. À mes yeux, avoir une vie sociable plus ou moins stable, un toit sur la tête et des êtres auxquels on tient, constituent une richesse énorme. Les expériences que nous vivons devraient toutes être capables  de nous aider à prendre conscience de la valeur de chaque vie humaine  dans un monde où la réalité est très souvent cruelle. 

Cette expérience vécue à l’aéroport m’a permis, une fois de plus, de m’en rendre compte. Et vous, y a-t-il eu dans votre vie, des situations ou expériences qui vous ont emmené à vous rendre compte de la fragilité de la vie humaine ? 

Une nuit à Charles de Gaulle

Charlie NDZIE, le 20-02-2026 à Paris Charles De Gaule»

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