À quel moment devient-on fier de ses origines ?
Je n'arrive pas à me souvenir du moment où j'ai su que j'étais Bamiléké.
Et encore moins du moment où j'en suis devenu suffisamment fier pour comprendre que ne pas parler ma langue maternelle était un véritable handicap.
À une certaine époque, me faire insulter à cause de mon appartenance ethnique, hélas, c'est déjà arrivé, me faisait beaucoup de mal.
Et si je suis honnête, il m'est arrivé plusieurs fois, dans mon jeune âge, de vouloir être Douala.
Et c'est la faute du makossa ! 😂
J'adorais cette musique plus que tout. Et d'ailleurs, je suis encore aujourd'hui un très grand fan.
Mais avec le temps, quelque chose a changé.
Sans vraiment savoir quand ni comment, j'ai commencé à regarder mes origines autrement.
Ce qui pouvait autrefois me gêner est devenu une source de fierté.
Et aujourd'hui, je regrette même de ne pas maîtriser cette langue qui aurait pu me rapprocher davantage de mes ancêtres et de leur histoire.
Alors, je me pose une question.
Comment s'est faite cette bascule ?
Parce que j'aimerais comprendre ce qui m'a permis de passer de l'enfant qui doutait parfois de son appartenance à l'adulte qui souhaite désormais la transmettre.
Et surtout, j'aimerais pouvoir mettre ces éléments suffisamment tôt entre les mains de mon fils.
Pour qu'il n'ait pas à attendre des années avant de comprendre la richesse de son héritage.
Pour qu'il puisse le porter avec fierté, sans avoir besoin de dénigrer celui des autres.
Et qu'à son tour, il passe le flambeau à ceux qui viendront après lui.
Alors, si tu te souviens du moment où tu as commencé à être fier de tes origines, ou si tes parents ont eu une méthode particulière pour te transmettre cette fierté, je veux bien que tu la partages avec moi.
Parce que, pour une fois, je ne cherche pas seulement à partager une réflexion.
Je cherche aussi une recette.
Georges DEFO, le 21-10-2026 à Lyon