Celui qui fabrique n’est pas toujours celui qui gagne le plus

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Celui qui fabrique n’est pas toujours celui qui gagne le plus

Imagine un agriculteur qui produit des mangues.

Il cultive, entretient ses arbres, récolte, trie et transporte sa production.

Pourtant, entre lui et la personne qui mangera sa mangue à Douala, Paris ou Bruxelles, plusieurs acteurs peuvent gagner de l’argent sans avoir jamais planté un seul arbre.

Pourquoi ?

Parce qu’ils contrôlent quelque chose d’extrêmement précieux : l’accès au client.

Et ce n’est pas un phénomène marginal.

L’industrie des services représente aujourd’hui une part colossale de l’économie. Énormément d’argent est généré non pas uniquement par ceux qui fabriquent les produits, mais aussi par ceux qui les transportent, les financent, les assurent, les commercialisent, les distribuent ou facilitent simplement leur accès au client.

Prenons un téléphone. Quelqu’un le fabrique.

Mais autour de lui gravitent le transporteur, le distributeur, la boutique, l’opérateur téléphonique, la banque qui finance son achat, l’assureur, les applications que tu installeras dessus…

Un seul produit peut créer tout un écosystème de services qui captent eux aussi une partie de sa valeur.

Et ce principe existe partout.

Tu peux fabriquer le meilleur produit. Développer le meilleur logiciel. Créer les plus beaux vêtements. Cuisiner le meilleur ndolé de la ville.

Si personne ne sait que tu existes, ta qualité ne vaut économiquement pas grand-chose.

À l’inverse, celui qui possède un réseau de boutiques, une marketplace, une communauté WhatsApp de 50 000 personnes ou simplement un excellent réseau commercial peut changer de produit demain et continuer à vendre.

C’est quelque chose que je comprends de plus en plus avec l’entrepreneuriat :

le produit est un actif, mais la distribution aussi.

Et parfois, la distribution est même l’actif le plus difficile à reproduire.

On peut passer six mois à perfectionner un produit et seulement quelques jours à se demander :

« Maintenant, comment est-ce que je le mets devant 10 000 personnes susceptibles de l’acheter ? »

Peut-être devrions-nous également arrêter de toujours nous demander :

« Qu’est-ce que je pourrais produire ? »

Et commencer parfois par :

« Qu’est-ce qui existe déjà et dont je pourrais faciliter la vente, le transport, l’accès ou l’utilisation ? »

Parce que pour créer de la valeur, tu n’es pas obligé de fabriquer le produit.

Tu peux aussi construire la route qui mène jusqu’à lui.

Fun fact, après avoir longuement essayé de produire, je songe à revenir à mon premier amour, la vente ❤️

Georges DEFO, le 08-09-2026 à Lyon

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