Le concept africain d’Ubuntu

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Le concept africain d’Ubuntu

Ubuntu est l’un de ces mots que je connais depuis longtemps, car je l’entends souvent ou l’utilise moi-même très régulièrement. Pourtant, étonnamment, je n’avais jamais vraiment cherché à savoir d’où il venait.

Aujourd’hui, en faisant des recherches pour mon sujet du jour, j’ai enfin décidé de creuser.

Ubuntu est un concept africain qui peut se résumer par :
« Je suis parce que nous sommes. »

Je connaissais surtout ce mot parce que c’est aussi le nom d’une version d’un système d’exploitation UNIX. En gros, je l’ai découvert à travers l’écosystème tech.

Mais aujourd’hui… je le découvre autrement.

Une histoire célèbre est souvent racontée pour illustrer Ubuntu. Je te la partage.

Un anthropologue aurait proposé un jeu à des enfants africains.

Il posa un panier de fruits près d’un arbre et dit :
« Le premier qui arrive gagne tout. »

Au lieu de courir chacun pour soi…
les enfants se seraient pris par la main et auraient couru ensemble.

Puis ils auraient partagé les fruits.

Quand il demanda :
« Pourquoi avez-vous fait ça ? »

Ils auraient répondu :
« Ubuntu. Comment l’un d’entre nous pourrait être heureux si tous les autres sont tristes ? »

Même si cette histoire est probablement simplifiée ou romancée, elle résume parfaitement la philosophie.

Je suis sûr que quand tu as fini de lire cette histoire, tu t’es probablement dit :
« Ah ouais… c’est abusé. »

Et honnêtement, je ne pourrais même pas te contredire.

Parce que nos sociétés deviennent de plus en plus individualistes.

Et il est difficile de croire qu’une expérience pareille, si elle était faite aujourd’hui à Douala, se déroulerait exactement comme raconté.

Pourtant, quelques années plus tôt, on aurait peut-être trouvé ça plus crédible.

Dans un de mes anciens textes, je regrettais déjà le fait que les liens de voisinage ne sont plus ce qu’ils étaient.

Chacun vit chez lui sans même savoir qui habite à côté.

Quand j’étais plus jeune au Cameroun, il y avait toujours quelqu’un autour.

La famille.
Les voisins.
Les amis.

Parfois même un peu trop honnêtement.

Quelqu’un pouvait entrer chez toi sans prévenir.
Quelqu’un pouvait manger chez toi sans invitation.

Et surtout…
les problèmes des autres devenaient souvent les problèmes de tout le monde.

Mais maintenant que j’y regarde de plus près, je me demande parfois si l’Afrique n’a pas progressivement renoncé à quelque chose qu’elle avait pourtant compris depuis longtemps : Ubuntu.

« Une personne devient une personne grâce aux autres. »

Ton humanité est liée à celle des autres.

Tu ne peux pas réellement grandir seul.

Et une société devient fragile quand chacun commence uniquement à penser à lui-même.

Évidemment, tout n’était pas parfait dans nos cultures africaines.

Il y avait aussi des excès, des pressions sociales et parfois un manque d’intimité.

Mais malgré ça…
je pense que beaucoup de sociétés modernes sous-estiment aujourd’hui la valeur du lien humain.

Parce qu’au fond, l’être humain n’a probablement jamais été conçu pour vivre uniquement pour lui-même.

Et peut-être que le vrai développement ne consiste pas seulement à construire des individus plus riches…

Mais aussi des communautés plus humaines.

Georges DEFO, le 17-05-2026 à Lyon

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