Le fantasme est souvent plus fort que la réalité

Le fantasme est souvent plus fort que la réalité


Parfois, tu ne veux pas vraiment ce que tu poursuis. Tu veux juste le désirer.

Il y a quelque chose d’étrange dans le comportement humain. On passe du temps à vouloir quelque chose…et au moment où on l’obtient, tout change.

L’envie diminue. Le doute apparaît. Et parfois, c’est encore plus violent que ça : on le rejette.


Je l’ai vécu. D’ailleurs, je le vis encore.

Aujourd’hui, mon plus grand rêve est de rentrer m’installer en Afrique avec ma famille et mes meilleurs amis.

J’y pense. Je travaille dessus. J’ai même une roadmap toute faite pour y arriver.

Ce qui ne cesse de me surprendre… c’est mon comportement chaque fois qu’une étape décisive, qui pourrait me rapprocher de cet idéal, se présente à moi.

Depuis décembre 2024, mon ami Yann m’a proposé de me parrainer dans l’entreprise pour laquelle il travaille. Une boîte qui me permettrait de gagner nettement mieux ma vie, avec la liberté de vivre où je veux. Je pourrais facilement travailler pour eux et m’installer au Kenya… ou même au Cameroun.

Et pourtant… j’ai estimé ne pas être assez bon pour tenter ma chance. Alors je me “prépare” encore pour l’entretien.


Dernièrement, j’ai vu passer une offre d’emploi d’une boîte française, elle aussi en full remote.

J’ai postulé. Je me voyais déjà faire mes valises. Mais quelques heures avant l’entretien…mon cœur s’emballe.

Et je commence à me demander : est-ce que j’ai vraiment envie de changer ?

Je finis par me dire que l’exercice ne m’engage à rien.

Plutôt étrange…pour quelqu’un qui cherche justement une solution pour partir. L’entretien se passe très bien.

Il y a de fortes chances que j’aie le job. Et pourtant… je sais que je vais dire non.

C’est hallucinant.


Là c'est moi, mais je sais que tu as déjà surement déjà eu cette phase où tu  poursuis une fille pendant des mois ou fais les yeux doux à un garçon qui te plait, tu investis. Tu insistes, et le jour où il/elle t’accepte… tu ne le/la désires plus de la même manière. 

Comme si quelque chose s’était éteint. Certains diront que ce n'est pas la personne qui les intéresse mais le jeu, mais j'ai envie de croire que parfois c'est juste qu'on fantasmait sur une version de cette personne.



Il y a aussi cette situation où cet ami dont tu te plains constamment. Tu en parles. Tu critiques ses comportements, tu as même surement raison et le fait d'en parler à d'autres personnes que la personne concernée te fait te sentir bien. Tout le monde est d'accord avec toi et tu te joues déjà la scène où tu cermones le/la pauvre. 

Mais le jour où on te dit d’aller lui dire en face…tu relativises. 

Finalement, ce n’est “pas si grave”. 


Alors qu’est-ce qui se passe vraiment ? 

En réalité, ce qu’on poursuit, ce n’est pas toujours la chose elle-même. C’est ce qu’elle représente.

Le fantasme. L’idée. La projection.

Dans ta tête :

le job est parfait. La relation est idéale. La confrontation est libératrice.


Mais une fois face à la réalité… il ne reste que du concret.

Et ce concret n’est presque jamais comme on l’avait imaginé. Il y a des contraintes. Des responsabilités. Des risques.

Et c’est là que le cerveau fait marche arrière. Parce que le fantasme est sans danger. La réalité, elle…engage.

Alors on hésite. On recule. On abandonne parfois.

Le fantasme a un avantage. Il te donne une direction. Parce que très souvent, il est la manifestation, parfois exagérée ou erronée, de tes aspirations.

Mais il a aussi un piège. Il te fait croire que tu veux réellement quelque chose…alors que tu veux juste ressentir quelque chose.


Et ça, c’est dangereux. Parce qu’à force de courir après des fantasmes…tu peux passer à côté de vraies opportunités.

J’adore cette phrase d’Oscar Wilde : “Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières.”

Donc fais attention à ce que tu souhaites…ça peut se réaliser plus vite que tu ne le penses.


Alors au lieu de te demander : “Est-ce que je veux ça ?”

demande-toi plutôt : “Est-ce que je suis prêt à vivre avec la réalité de ce que je demande ?”

Georges DEFO, Lyon le 16-04-2026