Peut-on réussir sa vie… et passer à côté de son existence ?
« Vivre est la chose la plus rare du monde. La plupart des gens se contentent d’exister. »— Oscar Wilde
Cette phrase m’a toujours intrigué.
Pendant longtemps, je pensais que vivre et exister étaient deux façons de dire exactement la même chose.
Aujourd’hui, je n’en suis plus aussi certain.
Parce qu’en y réfléchissant, je connais beaucoup de personnes qui semblent avoir tout réussi.
Un bon travail.
Une belle maison.
Une voiture.
Une famille.
Une situation stable.
Et pourtant…
certaines donnent parfois l’impression de traverser la vie plus qu’elles ne la vivent.
Elles enchaînent les journées.
Se lèvent.
Travaillent.
Rentrent fatiguées.
Préparent le lendemain.
Puis recommencent.
Comme si la vie était devenue une succession d’objectifs à atteindre plutôt qu’une aventure à expérimenter.
Et je me suis alors posé une question.
Peut-on réussir sa vie… et passer complètement à côté de son existence ?
Je pense que oui.
Parce que nous passons énormément de temps à apprendre comment gagner notre vie, mais très peu de temps à nous demander pourquoi nous vivons.
Nous savons construire une carrière.
Acheter une maison.
Préparer notre retraite.
Mais savons-nous encore ce qui nous émerveille ?
Ce qui nous fait vibrer ?
Ce qui nous donne profondément envie de nous lever le matin ?
En grandissant, beaucoup d’entre nous ont appris à devenir raisonnables.
Nous avons choisi la sécurité.
La stabilité.
Le regard des autres.
Parfois même les rêves de nos parents.
Et sans nous en rendre compte, nous avons remplacé notre vocation par notre profession.
Notre identité par notre fonction.
Notre existence par notre agenda.
Je ne dis pas que travailler est une erreur.
Bien au contraire.
Le travail est une bénédiction lorsqu’il nous permet de construire une vie digne.
Mais il devient dangereux lorsqu’il finit par devenir notre seule raison de vivre.
Parce qu’au fond, le plus grand échec n’est peut-être pas de ne jamais réussir.
Le plus grand échec serait peut-être de réussir tout ce que le monde attendait de nous…
sans jamais devenir la personne que nous étions appelés à être.
Alors je te laisse avec cette question.
Si demain tu obtenais tout ce que tu poursuis aujourd’hui…
Aurais-tu enfin le sentiment de vivre ?
Ou simplement celui d’avoir réussi à bien exister ?
Georges DEFO, le 09-07-2026 à Lyon.