Peut-on réussir sans faire de la peine à ceux qu’on aime?

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Peut-on réussir sans faire de la peine à ceux qu’on aime?

Plus j’avance dans le monde de l’entrepreneuriat, plus une question revient : peut-on vraiment faire une omelette sans casser des œufs ?

Pour réaliser nos rêves, nous devons parfois prendre des décisions difficiles. Des décisions qui blessent des personnes auxquelles nous tenons.

Et leur douleur est parfaitement légitime.

Mais si elles étaient à notre place, auraient-elles fait autrement ? Peut-être. Après tout, nous n’avons ni les mêmes ambitions ni les mêmes sensibilités.

Il arrive que celui qui poursuit un grand objectif accepte de ne pas être compris. Il sacrifie du temps, manque des événements familiaux, déçoit certains proches, tout en essayant de construire quelque chose qui bénéficiera peut-être à des centaines d’autres personnes.

Et c’est là que le dilemme devient intéressant.

La reconnaissance de mille personnes peut-elle compenser la déception de cinq personnes qu’on aime ?

Imagine un ministre dont le cousin organise le baptême de son premier enfant.

Le ministre ne vient pas.

Le cousin est blessé. Et franchement, à sa place, je l’aurais probablement mauvaise aussi. 😂

Mais imaginons qu’au même moment, ce ministre soit mobilisé pour résoudre une crise qui menace les salaires de milliers de collaborateurs.

Qui devrait faire preuve de compréhension ?

Le cousin, parce que les responsabilités de son proche dépassent désormais le cercle familial ?

Ou le ministre, parce qu’aucune ambition ne devrait nous faire oublier ceux qui nous sont chers ?

Dit comme ça, on pourrait croire que je prends position.

Pourtant, pas du tout.

Je ne suis dans les chaussures ni de l’un ni de l’autre.

Je sais simplement qu’il est parfois impossible de satisfaire tout le monde. Et que derrière certaines décisions que nous jugeons égoïstes se cachent des arbitrages dont nous ignorons tout.

Cela ne signifie pas que l’ambition excuse tout. On peut aussi utiliser ses responsabilités comme prétexte pour négliger ses proches.

Mais je me demande où placer le curseur.

Doit-on parfois revoir nos ambitions à la baisse pour préserver nos relations ? Ou nos proches doivent-ils aussi accepter que certaines responsabilités nous dépassent ?

Et surtout, comment distinguer un sacrifice nécessaire d’un égoïsme déguisé en ambition ?

Georges DEFO, le 10-10-2026 à Runda

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