Pourquoi brûler notre énergie à se détester quand on peut s’en servir pour construire ?
Un peuple occupé à se détester construit rarement ensemble.
Et parfois, j’ai l’impression que beaucoup de pays africains vivent exactement ce piège.
Il suffit de passer quelques minutes sur Facebook, Twitter ou même WhatsApp pour le remarquer.
Entre tribalisme, débats politiques, oppositions régionales, guerres d’ego, diaspora contre locaux, francophones contre anglophones… on dirait parfois que beaucoup de gens passent plus de temps à défendre leur camp qu’à réfléchir au problème lui-même. Un peu plus récemment ce sont les sud-africains qui s’attaquent à d’autres africains en leur demandant de rentrer chez eux. En oubliant que quelques années auparavant, toute l’Afrique setait unie pour lutter contre l’Apartheid qui régnait encore en Afrique du Sud.
Et le plus étrange dans tout ça, c’est que beaucoup de ces débats donnent l’impression que chaque groupe pense sincèrement défendre une bonne cause.
Mais pendant que les populations s’épuisent émotionnellement entre elles, d’autres construisent tranquillement du pouvoir.
Du pouvoir économique.Du pouvoir technologique.Du pouvoir financier.Du pouvoir stratégique.
Parce qu’au fond, un peuple divisé devient souvent prévisible.
Il réagit plus qu’il n’anticipe.Il s’énerve plus qu’il ne construit. Il parle beaucoup… mais s’organise peu.
Et honnêtement, je pense parfois que les réseaux sociaux ont aggravé ce problème.
Les plateformes récompensent souvent les émotions fortes. La colère. L’indignation. Le conflit.
Plus les gens s’opposent, plus ils restent connectés.
Et pendant ce temps, les vrais enjeux passent parfois au second plan : l’éducation, la stratégie, l’économie, la technologie, la discipline collective.
Parfois je regarde certains débats entre Africains et je me demande : comment des peuples avec autant d’intelligence, autant de ressources et autant d’énergie peuvent-ils passer autant de temps à se combattre eux-mêmes ?
Parce qu’au final, l’histoire montre souvent une chose : les peuples qui avancent ne sont pas forcément ceux qui n’ont aucun problème. Ce sont souvent ceux qui réussissent à construire malgré leurs différences.
Et peut-être que le vrai pouvoir commence justement là.
Le jour où un peuple comprend enfin que l’énergie utilisée pour se détester aurait peut-être pu servir à bâtir ensemble.
Georges DEFO, le 18-05-2026 à Lyon