Protéger les enfants ou surveiller toute la population ?
L’Union européenne veut désormais interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Entre 13 et 15 ans, leur utilisation serait encadrée par les parents.
Sur le principe, difficile de ne pas comprendre.
Prédateurs sexuels, cyberharcèlement, contenus explicites, mécanismes addictifs… Donner à un enfant un accès sans limites aux réseaux sociaux, c’est parfois lui ouvrir une porte sur un monde pour lequel il n’est absolument pas préparé.
Mais plusieurs questions me dérangent.
Comment faire pour responsabiliser ces parents qui voient en les réseaux sociaux un moyen d’occuper les enfants, ou pire qui ne voient pas en quoi ceux ci peuvent être néfastes ?
Comment vérifier que quelqu’un a 12, 15 ou 35 ans sans commencer à vérifier davantage qui se trouve derrière chaque écran ?
La Commission travaille justement sur des systèmes permettant de prouver son âge tout en préservant au maximum son identité.
Mais le débat dépasse la technologie.
Parce que les réseaux sociaux sont aussi devenus des outils pour communiquer, apprendre, travailler, entreprendre ou simplement maintenir des liens.
Nous devons donc réussir quelque chose de difficile : protéger les enfants sans transformer Internet en espace où chaque adulte doit constamment prouver qui il est.
Aujourd’hui parce que ça part d’une bonne intention, on serait tente de croire quil n’y a pas d’inconvenient, Mais je vois déjà un risque d’atteinte au droit à l’anonymat. Je ne fais que constater, mais je n‘ai hélas pas de solution à proposer.
Georges DEFO, le 28-09-2026 à Lyon