Assume ton bilan
« Assume ton bilan. »
Cette phrase, on pourrait tellement la lancer à toute personne vivant dans la diaspora.
À notre niveau, nous sommes parfois des ambassadeurs de notre pays, de notre ethnie, de notre quartier, ou que sais-je encore.
Quelques années en arrière, je n’avais jamais rencontré d’habitant du Niger, ni de Centrafrique.
Par contre, une chose est sûre : avec ce côté parfois hautain que nous, les Camerounais, pouvons avoir, je ne m’attendais pas forcément à être émerveillé ou agréablement surpris par un ressortissant de ces pays-là.
J’ai évidemment péché par dédain ou par ignorance. Je n’ai pas envie de dire par orgueil.
Mais ces dernières années, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes très, très brillantes originaires de ces contrées.
Mon but n’est pas de dire que tous les gens originaires de là-bas sont du même acabit. Mais pour une personne qui ignorait presque tout de leur pays, quelle belle vitrine ils m’ont offerte.
Et c’est là que je me suis posé une question.
Aujourd’hui, tu seras peut-être le premier Camerounais qu’un investisseur rencontrera. Le premier Africain qu’un collègue découvrira vraiment. Le premier ressortissant de ton pays qu’une personne croisera avant de se faire une opinion.
Et, un peu comme Jésus le disait, cet invité de marque ne se présentera pas forcément comme “le sauveur”. Il ne dira pas toujours clairement ce qu’il peut apporter, qui il connaît, quelle porte il peut ouvrir ou quelle image il gardera de toi.
Mais toi, tu devrais toujours être prêt à montrer la meilleure image possible de ton pays. Aucun pays n’est parfait.
Mais ce n’est clairement pas en contribuant à ternir le peu d’image qu’il lui reste que les choses changeront. Je sais que j’en demande beaucoup à certaines personnes.
Mais n’oublions pas que lorsque certains résidents en France passent leur temps à se plaindre, d’autres n’hésitent pas à mettre leur vie en jeu pour venir vivre dans cette même France.
Nous ne sommes pas responsables de tout ce que notre pays est devenu.
Mais nous sommes responsables de l’image que nous ajoutons à son histoire.
Et parfois, être patriote, ce n’est pas crier qu’on aime son pays. C’est se comporter de façon à ce que quelqu’un d’autre ait envie de le respecter.
D’ailleurs si tu ne respectes pas ton pays, qui perd?
Georges DEFO, le 30-09-2026 à Lyon