Et si ta vie n’avait pas besoin d’avoir un grand sens ?

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Et si ta vie n’avait pas besoin d’avoir un grand sens ?

« Il faut imaginer Sisyphe heureux. » — Albert Camus

Dans Le Mythe de Sisyphe, Camus reprend l’histoire de cet homme condamné à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, simplement pour le regarder redescendre et recommencer.

À première vue, difficile d’imaginer pire existence.

Et pourtant, Camus nous demande de l’imaginer heureux.

Ça m’a fait réfléchir à notre obsession actuelle de vouloir absolument donner un grand sens à notre vie.

Il faut trouver sa passion. Avoir une mission. Réussir. Laisser une trace. Avoir de l’impact.

Même vivre est presque devenu un projet à réussir. Si tu me lis souvent, tu vas sûrement tomber sur l’un de mes textes où je t’incite à trouver un sens à ta venue sur terre et je te vois déjà me faire les gros yeux pour dire que je suis contradictoire alors que ce n’est pas le cas. Je ne suis pas de ceux qui pensent que tout est soit blanc ou noir. Et c’est pour ça que je pense que nous n’avons pas tous le même rôle à jouer dans ce grand film qu’est la vie, mais nous devons savoir lequel nous devons jouer.

il est donc possible que certains d’entre nous ne trouveront  jamais cette fameuse « grande mission »

Est-ce que notre vie aurait moins de valeur ?

Peut-être qu’à force d’attendre le sommet, nous oublions complètement de vivre la montée.

On se dit qu’on profitera quand on aura plus d’argent. Quand l’entreprise fonctionnera. Quand on aura acheté la maison. Quand les enfants auront grandi. Quand on aura enfin atteint cet objectif.

Puis un autre sommet apparaît.

Et le rocher repart.

Je ne pense pas que Camus nous invite à renoncer à nos ambitions. J’y vois plutôt une invitation à ne pas conditionner notre existence à leur accomplissement.

Parce qu’au fond, nous avons tous notre rocher.

Le travail. Les responsabilités. Les factures. La famille. Les problèmes. Puis demain, on recommence.

Alors peut-être que la vraie question n’est pas seulement :

« Jusqu’où veux-tu aller ? »

Mais aussi :

« Sais-tu être heureux pendant que tu y vas ? »

Parce qu’il serait dommage d’atteindre le sommet…et de réaliser qu’on avait reporté toute sa vie à plus tard.

Je ne me répéterai jamais assez, le succès est dans l’équilibre. Vu que nul ne sait de quoi est fait demain, il est insensé de vivre comme si on le savait. Tu pourrais tout dilapider car tu ne sais pas si tu vas vivre longtemps et la vie décide que tu seras centenaire, et tu peux te mettre en mode frugal ++ et une maladie incurable vient te faucher quelques années avant ton départ en retraite au moment où tu t’apprêtais à commencer à vivre.

Georges DEFO, le 20-08-2026 à Lyon