J’ai perdu tous mes combats, mais jamais ma plume.
Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas grand-chose pour moi. Pas le physique des grands frères de Terminale. Pas le bagout de ceux qui font rire tout le monde sans effort. Pas l'assurance tranquille de celui qui s'avance sans se demander ce qui va se passer. Et quand une fille me plaisait… très rarement, j’osais aller vers elle.
Par contre, s’il y a bien un truc qui me caractérisait, comme Yann me l’a rappelé dimanche dernier, c’était mon “gros cœur”.
Avec moi, c’est tout ou rien. Des éclats de génie, et parfois des pannes sèches ( 404 Error dans ma tête ). Des périodes de grosse productivité ou des phases de procrastination extrême. Et j’étais déjà comme ça plus jeune. Soit la fille était OK… et elle ne m’intéressait pas. Soit c’était la plus belle de toute la classe. Le genre qui intéressait même les grands frères de Terminale. Et là… tu me voyais dégainer mon arme secrète : ma plume.
J’étais Cyrano de Bergerac. Je comptais fleurette à mes conquêtes par vers et proses interposés.
Et s’il te plaît…S’il fallait que je me fasse humilier ou rejeter, ce serait pour mon manque de mignoncité. Mais pas pour la qualité de ma plume. Encore moins pour les fautes d’orthographe. C’est dire à quel point l’adversaire connaissait trop la littérature.
J’en rigole aujourd’hui…Mais avec du recul, il y a une vraie leçon derrière ça. Il faut viser la lune et peut-être avec un peu de chance tu tomberas sur les étoiles. Nah ... je rigole. Si j''étais un boxeur, ca aurait été 10 combats pour autant de défaites par KO.
Plus sérieusement, il y'a une vraie leçon qui pourrait être tirée de çà. Si tu es parent, et que tu prends le temps d’observer ton enfant…tu peux très vite repérer ce dans quoi il est naturellement bon.
Et surtout…tu peux décider de nourrir ça. Parce que moi, à cette époque-là, j’étais déjà en train d’écrire tous les jours. Sans le savoir.
Aujourd’hui, après moult péripéties, j’écris à nouveau tous les jours.
Mais j’ai failli prendre une toute autre direction. Je n’étais pas loin de me retrouver sur des chantiers industriels…à faire de l’électricité industrielle.
Comme quoi…Parfois, ton talent est là, sous tes yeux. Mais si personne ne le remarque…Il peut très bien passer à côté de ta vie.
Georges DEFO, le 24-04-2026 à Lyon